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Liban

Paris insiste sur l’importance d’une formation rapide du gouvernement

23/07/2018
Annoncée publiquement après un ajournement de plusieurs mois, la visite officielle du président Emmanuel Macron, à la fin de l’année, réaffirme le souhait de la France de voir les choses évoluer positivement au pays du Cèdre en soulignant l’urgence de former un gouvernement capable de se mettre au travail le plus tôt possible pour rattraper le temps perdu.
Cette position française a été exprimée officieusement mais fermement lors des festivités du 14 Juillet par des personnalités proches de l’Élysée et du Quai d’Orsay. Sans compter le commentaire d’un responsable du ministère de la Défense affirmant que le voyage à Beyrouth de la ministre Florence Parly, qui devait avoir lieu le 6 juin, tient toujours, mais qu’une nouvelle date sera fixée en septembre.
Ce déplacement de la ministre de la Défense et les entretiens franco-libanais prévus à cette occasion devaient porter sur la coopération militaire franco-libanaise et en particulier l’engagement de la France à accorder au Liban une ligne de crédit de 400 millions d’euros (sur les 550 millions prévus) pour doter l’armée libanaise d’armes et de matériels modernes.
Le retard anormal dans la formation d’un nouveau gouvernement libanais suscite une grande déception dans les milieux politiques parisiens intéressés par le Liban et la situation dans la région. Une déception doublée d’un malaise face aux attentes des pays amis du Liban qui ont répondu présent à l’appel du président Macron lorsqu’il a pris l’initiative d’organiser les trois conférences internationales de soutien au Liban, dont la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE). « Ces longues et anormales tractations pour la formation d’une nouvelle équipe ministérielle à Beyrouth ont terni la satisfaction des amis français du Liban après le déroulement des élections législatives », a déclaré un proche de l’Élysée devant un groupe restreint de journalistes, ajoutant que les hauts dirigeants libanais ne devraient pas attendre des développements régionaux favorables, mais trancher le plus rapidement possible pour mettre sur pied une équipe ministérielle sous peine de provoquer une perte d’intérêt au niveau des « amis du Liban » si bien mobilisés par le président Macron. Cette position avait été également clairement définie par l’ambassadeur de France au Liban, Bruno Foucher, qui avait souligné dans une interview à L’Orient-Le Jour que « sans gouvernement, la CEDRE est une chance perdue » (voir L’Orient-Le Jour du samedi 14 juillet).
Dans l’attente d’un déblocage sur ce plan, la personnalité proche de l’Élysée relève que des organismes professionnels libanais et des responsables des secteurs économiques multiplient les conférences et les débats portant sur l’énorme travail de redressement du pays, notamment au plan des grands projets d’infrastructure et de la préparation à l’ère pétrolière. Au cours d’un séminaire tenu il y a une dizaine de jours, des questions techniques, politiques et économiques ont été longuement discutées avec, en arrière-plan, la lenteur dans la formation du gouvernement et l’absence de démarches concrètes pour le règlement du litige sur la ligne de démarcation maritime libano-israélienne.
Au Medef et dans les milieux bancaires, des responsables interrogés sur leurs intentions de s’engager au Liban répondent que les propos rassurants du gouverneur de la Banque du Liban sur la stabilité de la livre libanaise ne suffisent pas pour que des décisions fermes et précises soient prises au sujet du mégachantier libanais. Là aussi, la mise sur pied dans les plus brefs délais d’un gouvernement représentatif et fiable est avancée comme condition préalable.

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