Cher Président, cher Jacques,
L’année dernière, nous célébrions ensemble entourés de tous ceux qui vous aiment la joyeuse et privilégiée occasion de votre 80e anniversaire.
Il y a quelques jours seulement, avec les mêmes visages, nous célébrions votre dernier embarquement dans un voyage sans fin où tout horizon et rêve irréalisables s’avèrent à portée de main. Déjà, ici-bas, rien ne pouvait entraver la réalisation de vos nombreuses ambitions ni contenir ou limiter votre vision intuitive !
Vous avez vécu huit décennies pleines d’accomplissements en éclaireur, bâtisseur de rêves et de voyages, figure illustre des transactions maritimes internationales. Avec vous, cher Président, nous avons vu ressurgir le roi des grandes mers avec la passion fugueuse de l’explorateur « de Bougainville », et les voyages extraordinaires de « Jules Verne » et leur réincarnation dans deux des plus grands porte-conteneurs dans le monde de votre groupe CMA CGM qui est devenu un empire flottant, toutefois solide, que vous avez bâti sur l’eau comme sur un roc… Un empire que vous laissez en de très bonnes mains, celles de Nayla, Rodolphe, Tanya et Jacques Jr.
J’ai eu l’occasion de vous rendre hommage de votre vivant pour vos accomplissements innombrables, et aujourd’hui encore, je souhaite vous célébrer une dernière fois au nom de tous ceux qui vous aiment et tous ceux qui sont venus vous tirer leur dernière révérence vendredi dernier à Marseille. La dimension majestueuse de votre cérémonie funéraire était digne d’un roi et témoignait de l’envergure de vos œuvres, de votre amitié, comme de la dimension de la redevabilité et de la gratitude que l’on vous doit. De grands hommes et femmes d’État et des figures illustres s’étaient rassemblés autour de vous dans une auguste et émouvante atmosphère pour vous raconter, vous rendre hommage et vous remercier.
La Chambre de commerce franco-libanaise, que vous avez présidée et développée pendant plus de 25 ans et qui, grâce à vos efforts, continue encore aujourd’hui à épanouir les relations économiques libano-françaises, vous sera toujours redevable, et la confiance que vous m’avez accordée en me passant le flambeau de sa présidence me poussera à œuvrer à son meilleur développement.
Le Liban vous a toujours été si cher que vous avez tenu à reposer éternellement entre deux cèdres libanais, signe de pérennité, de votre attachement éternel au Liban, votre pays d’origine et votre port d’attache.
Reposez en paix, cher Président, dans ce petit lieu sûr que vous avez choisi, et sachez que dans ce coin-sanctuaire, fleuriront majestueusement trois cèdres de mon pays.
Gaby TAMER
Agenda - Hommage
Lettre à Jacques Saadé
OLJ / le 06 juillet 2018 à 00h00


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