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Culture

« Loving Pablo », détester Escobar

À l’affiche

Javier Bardem et Penelope Cruz jouent aux amants terribles dans cette adaptation de l’autobiographie de la journaliste ayant été la maîtresse du Colombien pendant quatre ans.

05/07/2018

Depuis la série Narcos créée par Chris Brancato, Carlo Bernard et Doug Miro, réalisée par José Padilha et mise en ligne depuis le 28 août 2015 sur Netflix, et les deux saisons consacrées à Pablo Escobar, on sait tout ou presque du baron de la drogue ayant ensanglanté son pays et inondé le monde de poudre blanche. Son idylle avec la journaliste Virginia Vallejo est présente dans la série, mais pas centrale. Elle est par contre le sujet du film Loving Pablo, même si sa relation avec Escobar, qui a duré 4 ans dans la vraie, n’occupe qu’une petite moitié du film. Journaliste au physique avantageux, Virginia rencontre Pablo dans le ranch de ce dernier pour un reportage, elle tombe sous le charme de cette personnalité hors normes et des avantages qu’elle lui apporte. Essentiellement financiers. Omniprésent tout au long du film, Javier Bardem compose un Escobar impressionnant de ressemblance. Proposant une version plus grotesque que la « netflixienne », son Escobar ajoute la vulgarité et la concupiscence aux « qualités » qui lui sont habituellement accolées. Penelope Cruz, quant à elle, campe la journaliste star qui finira par tout perdre pour avoir voulu fricoter avec le danger. Elle est cupide, a la cuisse légère et ne marquera pas les esprits comme un personnage féminin ayant œuvré pour la cause des femmes. Car quand ce n’est pas l’argent qui la guide, c’est la vengeance.



La vraie Virginia vit maintenant aux États-Unis, elle fait partie des peu nombreux rescapés de l’entourage du baron de la coke. En dehors d’une vitrine blindée, la raison essentielle de cette survivance est le projet de biographie qu’elle avait proposé et qui permettrait à Escobar de perpétrer sa légende. Il avait besoin qu’elle reste en vie. Mais elle ne comptait pas plus que ces adolescentes des bidonvilles qu’il troussait dans la jungle. Ses deux vrais amours étant sa femme et sa fille, donnant une autre profondeur au film et à son titre. Ce n’est pas tant la relation entre Virginia et Pablo qui est traitée que la relation de Pablo et des gens qui l’aiment, et de leur impossibilité de vivre cet amour. Aimer Escobar, c’est aller au-devant de la déception. La journaliste est lâchée, la femme est laissée seule sans ressources et la fille vit dans les mensonges de son père. C’est la première fois qu’Escobar est traité avec aussi peu de respect et de bonhomie. La scène de sa fuite nu dans la jungle est pathétique, et rappelle à bon escient que passé la mode autour de sa personnalité, ce personnage était un boucher sanguinaire sans aucune sorte de pitié. Loving Pablo est peut-être la première œuvre dont on sort en le détestant, ce qui en fait un objet culturel spécial.

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