« Mech bel oué » ! (Pas par la force). Tel est le hashtag (mot-dièse) lancé hier par Maïssa Mansour, mère du petit F. qui lui a été arraché de force par douze agents des Forces de sécurité intérieure le vendredi 15 juin, au premier jour du Fitr. Les forces de l’ordre avaient, rappelons-le, enfoncé la porte de son appartement à Ras el-Nabeh, lui prenant de force son fils âgé d’un peu plus de 9 ans et le remettant à son père, en exécution d’un jugement datant du 26 avril, émis par le tribunal chérié sunnite, en vertu duquel la garde de l’enfant est retirée à la mère.
À travers cette initiative, Maïssa Mansour appelle tous ceux qui sont sensibles à sa cause à s’insurger contre la violence dont a été victime son fils. Aussi, tout un chacun est appelé à exprimer son avis concernant le recours à la force dans une vidéo ne dépassant pas les trente secondes et à la poster sur les réseaux sociaux en renvoyant au hashtag Mech bel oué (écrit en arabe).
Une conférence de presse a été organisée à cet effet hier au siège de l’ordre de la presse, à Jnah, en présence de Paula Yacoubian, députée de Beyrouth, ainsi que de nombreux représentants de la société civile venus exprimer leur solidarité avec Maïssa Mansour. Celle-ci a affirmé que sa cause est devenue celle « d’une opinion publique », soulignant que la campagne « Pas par la force » sera traduite à une étape ultérieure par une proposition de loi visant à préserver les droits de tout enfant dont la situation est semblable à son fils et ce, en modifiant les articles de loi qui portent préjudice aux enfants. Maïssa Mansour a également appelé à un chantier de travail national relatif au statut personnel entre les autorités religieuses et civiles.
Liban - Drame Familial
Campagne de soutien à l’enfant arraché par la force à sa mère
OLJ / le 27 juin 2018 à 00h00

