Des hélicoptères de l’armée syrienne ont largué hier une douzaine de barils d’explosifs dans les zones du sud-ouest du pays tenues par les rebelles, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui ne signale pas de victimes. De telles armes n’avaient pas été employées depuis un an dans le conflit, et l’artillerie était jusqu’ici privilégiée pour mener l’offensive lancée récemment dans la région de Deraa, que le président Bachar el-Assad a promis de reprendre coûte que coûte. Selon les rebelles de Jaïch al-Thaoura, les barils d’explosifs ont été largués sur trois localités et des raids aériens en ont visé une quatrième. Les forces gouvernementales cherchent en priorité à s’emparer d’al-Harak et de Bousra al-Harir, ce qui provoquerait une brèche dans les lignes rebelles.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont promis de réagir aux violations de l’accord de « désescalade » négocié avec la Russie, qui est entré en vigueur l’année dernière dans cette région voisine du plateau du Golan occupé par Israël et de la Jordanie. La représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a estimé que l’escalade menée par l’armée syrienne actuellement « viole sans ambiguïté » l’accord de désescalade et a ajouté que plus de 11 000 personnes avaient déjà été déplacées par les bombardements et combats. « La Russie (alliée de Damas) portera au bout du compte la responsabilité de toute nouvelle escalade en Syrie », a-t-elle dit. « Je crois qu’il (le gouvernement syrien) teste deux choses : la fermeté des combattants de l’Armée syrienne libre et la détermination américaine à faire respecter l’accord de désescalade dans le Sud », a déclaré un porte-parole des rebelles qui appartiennent à l’ASL. Le régime syrien « doit cesser » les violations du cessez-le-feu en vigueur dans le sud de la Syrie, a réclamé hier l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, en demandant à Moscou d’user de son influence sur Damas.
« Les violations du régime syrien du cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie doivent s’arrêter, souligne la diplomate dans un communiqué. Nous nous attendons à ce que la Russie fasse sa part pour faire respecter et assurer l’application du cessez-le-feu qu’elle a contribué à établir. » Et « utilise son influence pour mettre un terme à ces violations du régime syrien et à toute autre déstabilisation dans le Sud-Ouest et à travers la Syrie », ajoute Nikki Haley. « In fine, la Russie sera responsable de toute nouvelle escalade en Syrie », avertit enfin l’ambassadrice américaine.
Auparavant, l’Union européenne avait aussi dénoncé hier l’offensive lancée par le régime syrien dans la province de Deraa contrôlée par les forces rebelles et a appelé les alliés de Damas à faire cesser les hostilités pour éviter un drame humanitaire.
La région est une des zones de cessez-le-feu créées par l’accord conclu à Astana en mai 2017 et parrainé par la Russie, l’Iran et la Turquie. Plus de 12 000 Syriens ont fui au cours des trois derniers jours la province de Deraa, contrôlée majoritairement par les rebelles et cible de bombardements du régime de Damas, selon l’OSDH.
Source : AFP
Moyen Orient et Monde - Syrie
Washington réclame l’application du cessez-le feu dans le Sud
OLJ / le 23 juin 2018 à 00h00

