Le recteur Salim Daccache remettant une plaque commémorative à la professeure Fadia Kiwan.
Le recteur de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, le père Salim Daccache, a offert un dîner en l’honneur de la professeure Fadia Kiwan, le 19 juin, dans un hôtel d’Achrafieh, à l’occasion de sa nomination au poste de directrice générale de l’Organisation de la femme arabe (OFA).
Au cours de la cérémonie, le recteur Daccache a rendu un hommage vibrant à Mme Kiwan : « Aujourd’hui, je m’aventure à dire que votre vie (…) sera faite de quelque chose qui est plus qu’une carrière, il s’agit cette fois-ci d’une mission, d’une belle mission envers tout un peuple de femmes arabes, de leurs droits comme de leurs devoirs et du combat pour leur dignité comme de leur insertion comme citoyennes dans les différents domaines de la vie publique et citoyenne. » Dans la suite de son allocution, le père Daccache a esquissé une sorte de portrait de Mme Kiwan en s’attardant sur trois traits de caractère qui, selon lui, caractérisent sa personnalité engagée : « J’admire et j’admirerai en vous votre passion, votre disponibilité doublée de ténacité intellectuelle ainsi que votre proximité du terrain. Votre passage à l’université a été toujours marqué par la disponibilité aux personnes et aux divers projets de l’université, votre travail étant plus un engagement et une mission qu’une obligation d’un fonctionnaire. »
De son côté, Mme Kiwan a livré un témoignage touchant : « Je ne vous cache pas que j’étais embarrassée à candidater pour ce nouveau poste parce que j’avais peur d’être considérée comme égoïste, de manquer de patriotisme, de courage et de lâcher l’USJ, ou de lâcher le Liban à un moment où il pouvait avoir besoin de moi, de nous, de toutes les personnes de bonne volonté. (…) J’ai repris mes forces, j’ai sorti mes moyens et j’ai commencé à rêver où est-ce que je pouvais conduire l’Organisation de la femme arabe, suite à cette confiance que les pays arabes venaient de m’accorder, à la fois pour honorer cette confiance des frères arabes mais aussi la confiance des Libanais. »
Mme Kiwan s’est ensuite attardée sur la cause des femmes dans le monde arabe, qui sera au cœur de la nouvelle page de sa vie qui s’ouvre : « Il faut dire que le dossier des femmes arabes est des plus délicats. N’est-ce pas dans ce domaine que nous, les Arabes, sommes pointés du doigt ? Où des stéréotypes nous enveloppent, des regards sévères et simplificateurs nous jugent et nous condamnent ? N’est-ce pas dans ce domaine où certains soulèvent l’existence d’un “soi-disant” fossé entre les cultures, les civilisations, les religions ? N’est-ce pas dans ce domaine où les écarts et les décalages se superposent, et on s’éloigne parfois des standards internationaux de respect des droits fondamentaux ? » Et de poursuivre : « Auprès du père Daccache, je m’engage à rester fidèle à l’institution et je lui confie avec soin les trois rêves que j’avais essayé de construire avec mes collègues : un institut qui vise l’excellence dans l’enseignement de la science politique au service du bien commun, un programme de coopération francophone, arabe et internationale dans les études sur le monde arabe, un centre de recherches sur la bonne gouvernance publique, devenu un aimant qui attire toutes les initiatives de réforme et de modernisation. » Et Mme Kiwan de conclure : « Permettez-moi enfin de saluer ce soir un grand homme, qui est un grand frère pour moi et qui n’a pas pu se joindre à nous. Il s’agit de monsieur le ministre Michel Eddé, dont le souci de la chose publique nous a toujours inspirés. »


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