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Liban

Entre les Affaires étrangères et le HCR, les « zones grises » subsistent

OLJ
15/06/2018

À Genève, où il s’est rendu en matinée, le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a rencontré hier Filippo Grandi, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), et Staffan de Mistura, l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie. Il a par ailleurs représenté le chef de l’État à l’ouverture de la Journée du vin libanais, une manifestation organisée par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec l’ambassade du Liban en Suisse.
Certes, après avoir vu M. Grandi, M. Bassil a affirmé qu’il ne cherche pas querelle au HCR, mais on ne voit pas encore comment le Liban compte sortir de la controverse où il s’est engagé avec l’organisme onusien, dont certains membres ont vu leur permis de séjour au Liban suspendu.
Toujours est-il que, à l’en croire, M. Grandi aurait promis à M. Bassil « de s’assurer » que les questions posées aux réfugiés ne sont pas en train de les « effrayer », ce que le haut-commissaire jugerait « inacceptable ». « Voilà un premier résultat positif qui nous a été assuré », a relevé le ministre.
Et M. Bassil de faire la distinction entre trois catégories de réfugiés : ceux qui se rendent régulièrement en Syrie et, en même temps, profitent indûment des aides accordées par le HCR, un problème que le Liban soulève depuis 2015 ; une deuxième catégorie de réfugiés syriens dont le retour est à la fois sécurisé et accepté par le régime syrien, qu’il faut identifier et encourager au retour ; enfin, a noté M. Bassil, « il y a les réfugiés dont les logements ont été détruits, et nous avons demandé qu’ils ne soient pas menacés d’une suspension des aides dont ils bénéficient, s’ils décident de rentrer ».
M. Bassil a conclu son commentaire en affirmant qu’il avait perçu dans les propos tenus par M. Grandi « bonne foi et compréhension » et qu’en conséquence, il attendrait que « ces dispositions se traduisent par des développements concrets aussi bien à Genève qu’à Beyrouth » pour revenir sur les mesures décidées à l’encontre du HCR.
Il y a lieu de signaler qu’en matinée, à Beyrouth, la Sûreté générale avait apporté de l’eau au moulin du ministre des AE, en affirmant que le HCR ne lui avait toujours pas transmis de listes nominales des réfugiés syriens, qui lui permettraient de contrôler les passages de ces réfugiés aux frontières, des documents permettant, selon lui, d’effectuer une distinction entre les réfugiés économiques et ceux qui sont au Liban pour des raisons politiques et sécuritaires.

Zones grises
Pourtant, la représentante du HCR au Liban, Mireille Girard, avait souligné dans un entretien à L’Orient-Le Jour qu’en vertu d’un accord avec le gouvernement libanais qui date de 2014 et qui porte sur le partage des données, « le HCR a remis au gouvernement les informations en sa possession, dont le ministère des Affaires sociales est désormais récipiendaire ». Il apparaît donc évident que des « zones grises » existent toujours dans ce dossier sensible.

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Yves Prevost

Un ministre - démissionnaire de surcroît - est-il habilité à créer une crise avec la communauté internationale? Lui est-il permis d'agir motu proprio? N'est-il pas censé appliquer, non ses idées personnelles, mais la politique du gouvernement? Celui-ci a-t-il pris une décision en ce sens?

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