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Culture

L’Op Art revisité de Mouteea Murad...

Exposition

Les récentes peintures de cet adepte de l’art à trois dimensions sont aujourd’hui aux cimaises de la galerie Ayyam. Des mégatoiles acryliques, vives, colorées et teintées d’une certaine spiritualité arabe, dans le sillage d’un art qui eut son heure de gloire dans les années 60-70.

15/06/2018

Neuf toiles aux dimensions plutôt grandes (4m x 2m) et quelques-unes aux canevas plus réduits (1m x 1m) de Mouteea Murad, exposées sur les cimaises de la galerie Ayyam, évoquent le souvenir du mouvement cinétique ainsi que les jeux ou illusions d’optique.

Fortement colorées (rouge sang, noir, mauve ou violet, bleu ciel ou indigo, fond blanc et touches roses), denses dans leurs tracés appuyés pour forcer et inviter à l’illusion d’optique, riches de lumière et de vibrations secrètes, habitées de profondeurs insondables, ces toiles (une dizaine) sont une prouesse technique de précision, de clarté de lignes, de procédé d’un travail ultraminutieux, presque robotisé.

Prouesse technique qui a quand même révélé le secret de ses ficelles habilement manipulées en faisant appel à la faillibilité du regard humain ainsi que les sensations de vertige que ces lignes – adroitement emmêlées, nettes, franchement droites ou cassées – allant diminuendo ou grossissant comme sous l’effet d’une loupe et en jouant de la force de la dualité ombre et lumière.

Rappelons que l’Op Art, ou art optique, est un mouvement qui eut d’illustres adeptes et qui suscite toujours un certain engouement, entre tendance éruptive et éclipse momentanée.

Avec Mouteea Murad, installé à Charjah où il vit et travaille, tout en sillonnant le monde arabe, le flambeau semble renaître à travers cette série de tableaux qui jouent d’une polyphonie de couleurs groupant polygones, carrés, rectangles et étagements de lignes.

La toile se présente comme un jeu de miroirs où le spectateur se perd en suppositions et supputations. Un labyrinthe où l’on se perd en échos visuels qui se répercutent à l’infini et s’interpénètrent. Mais ce n’est pas en pure gratuité que le pinceau, l’équerre, le compas et la règle font leur danse pour des images entre nombreuses figures géométriques et une esthétique aux allures froides. Car il y a là un rappel, discret et épuré, de l’art islamique. Dans ses aspects les plus virevoltants, les plus décoratifs (l’artiste se réfère à un certain art du vitrail) sans jamais venir à une représentation humaine.

Mais un évident rappel à une écriture codifiée, une certaine calligraphie qu’il faut savoir lire entre les lignes, une équation algébrique comme un secret à éluder, une certaine spiritualité à dégager et capter…

Comme une essence rare qui n’a pas dit son  dernier mot, même si cet « Op Art » semble actuellement être une expression usée jusqu’à la corde. Et pour le dire franchement, désuet et passé de mode. Telle une nostalgie incurable, il retient encore le regard (même si c’est d’un évident déjà-vu) et capte quand même une certaine curiosité… Un monde que n’aurait pas dénié Victor Vasarely.

« Thresholds 3.0 » de Mouteea Murad à la galerie Ayyam (Zeitouné Street) jusqu’au 31 juillet 2018.


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