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Moyen Orient et Monde

Les houthis sous pression à Hodeida

Yémen
OLJ
13/06/2018

Les forces hostiles aux rebelles houthis du Yémen acheminent de nouveaux renforts vers Hodeida pour les contraindre à abandonner le contrôle de ce port, enjeu hautement stratégique d’une guerre qui dure depuis plus de trois ans.
Selon l’ONU, son médiateur pour le Yémen, Martin Griffiths, est engagé dans « d’intenses négociations » avec les houthis, appuyés par l’Iran, mais aussi avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui soutiennent les forces loyalistes yéménites, pour « éviter une bataille féroce et sanglante à Hodeida ». L’ONU a retiré son personnel international de Hodeida lundi et, hier, la représentante de l’Unicef au Yémen, Meritxell Relano, a indiqué sur Twitter que son agence avait « prépositionné » dans la ville plus de 20 000 trousses d’hygiène. « Nous espérons ne pas avoir à utiliser » les 40 000 autres trousseaux qui sont en cours de préparation, a-t-elle ajouté.
Hodeida compte quelque 600 000 habitants et son grand port, sur la mer Rouge, est le point d’entrée d’une bonne partie des importations et de l’aide humanitaire internationale destinée à une population yéménite exsangue. Les forces antirebelles, qui n’ont remporté aucune victoire militaire majeure depuis la reprise de cinq provinces du Sud et de la ville de Aden à l’été 2015, sont déterminées à briser le statu quo à Hodeida, estiment des experts. Des journaux émiratis, à l’instar du National à Abou Dhabi, affirment que le compte à rebours a commencé pour une offensive sur Hodeida et qu’une attaque est imminente. Réalité ou guerre psychologique ?
Des forces progouvernementales, appuyées notamment par les Émiratis, continuent d’acheminer d’importants renforts vers Hodeida, ont rapporté hier des sources militaires loyalistes yéménites. Profitant d’une pause dans les combats observée depuis lundi, les trois composantes des forces antirebelles ont envoyé hommes et équipements vers la principale ligne de front, située à une quarantaine de kilomètres au sud de Hodeida, ont indiqué ces sources. Si les Émiratis apportent un appui essentiel au sol et les Saoudiens un soutien aérien, les forces progouvernementales yéménites sont composées d’éléments hétéroclites – des combattants locaux, des militaires restés fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi et des partisans de l’ex-chef d’État Ali Abdallah Saleh, tué en décembre par ses anciens alliés houthis.
Signe de l’inquiétude internationale, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à huis clos lundi pour entendre M. Griffiths, qui parlait par visioconférence depuis la Jordanie. Selon des diplomates, le médiateur a relancé l’idée de placer le port de Hodeida entre des mains neutres. Les États-Unis, proche allié de Riyad et d’Abou Dhabi, ont rappelé que l’aide internationale au Yémen devait continuer à passer par le port de Hodeida. Washington « suit de très près la situation », a indiqué le secrétaire d’État Mike Pompeo, appelant la coalition antirebelles à soutenir les efforts déployés par l’ONU. Mais son communiqué n’a pas mis en garde explicitement Riyad et Abou Dhabi contre les conséquences d’un éventuel siège de Hodeida, alors que le Yémen est déjà le théâtre de la « pire crise humanitaire du monde » selon l’ONU.
Côté rebelle, on estime que toute offensive sur Hodeida signifierait qu’elle a l’aval de Washington.
Source : AFP

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