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Fin de cavale en Espagne pour le détenu radicalisé français

Treize jours après son évasion lors d'un transfert médical dans l'ouest de la France, un détenu radicalisé a été interpellé dans la nuit de lundi à mardi en Espagne en compagnie d'un complice présumé, lors d'un banal contrôle d'identité nocturne.

Vers 02h00 du matin, les deux hommes de 21 ans, qui faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt européen, ont été arrêtés dans la rue à Saint-Sébastien (nord de l'Espagne) par la police basque. Une arrestation fortuite qui met fin aux intenses recherches de la police française, dans un contexte de menace terroriste élevée.

"De retour en France, il sera mis en examen (inculpé) et placé en détention dans une autre maison d'arrêt, plus sécurisée", a indiqué mardi matin à l'AFP une source pénitentiaire.

Le 16 mai au matin, ce détenu écroué à la maison d'arrêt de Brest, Anthony Pondaven, profite d'un transfert médical pour prendre la fuite avec un complice à bord d'une voiture, au moment de son arrivée à l'hôpital. Le conducteur, qui s'était rendu le lendemain de l'évasion, a été mis en examen pour complicité d'évasion et écroué, déclarant avoir reçu une petite somme d'argent du détenu.

Le deuxième homme interpellé dans la nuit de lundi à mardi, "ami d'enfance du détenu", est soupçonné d'avoir "recruté le conducteur de la voiture" dans laquelle ils ont fui, a précisé à l'AFP le procureur de Brest (ouest), Jean-Philippe Récappé. Les deux hommes doivent être présentés à un juge en vue de leur remise aux autorités françaises, a-t-on appris auprès de la police.


Le profil du détenu radicalisé qui s'est évadé avait suscité de vives inquiétudes, d'autant plus que son évasion intervenait quatre jours après l'attentat jihadiste au couteau à Paris qui a fait un mort et cinq blessés. S'il n'a jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou d'apologie, il est suivi au titre de la radicalisation islamiste en prison et a fait l'objet d'une fiche des renseignements.

Des téléphones portables avaient été retrouvés dans la cellule de cet homme "signalé en raison de sa conversion à l'islam, la pratique rigoriste de sa foi et un changement physique", avait indiqué une source proche du dossier. Cependant, il ne tenait pas de discours rigoriste, ni avant ni pendant sa détention.

16 évasions en 2017
Originaire de Landerneau, près de Brest, l'évadé compte 23 mentions à son casier judiciaire, notamment pour des faits de vol, dégradation et outrage. En octobre 2014, il avait été condamné à deux mois de prison pour une évasion sous le régime du "placement à l'extérieur", une mesure d'aménagement de peine qui permet aux personnes condamnées d'exécuter leur peine en dehors de la prison.

Le Breton était en détention provisoire depuis le 13 novembre pour "vol par escalade dans un entrepôt" et sa détention devait se prolonger jusqu'en juillet.
"L'établissement (de Brest, ndlr) n'est pas fait pour recevoir ce profil de détenus", selon Thierry Labrot, du syndicat pénitentiaire UFAP de Brest.

Dans la foulée de l'évasion, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait demandé "sans délai" à l'Administration pénitentiaire "toutes les précisions nécessaires pour juger des circonstances de cette évasion".

Cette évasion avait relancé le débat autour de la prise en charge de ces détenus radicalisés. Sur plus de 70.000 détenus en France, plus de 1.200 personnes écrouées pour des faits de droit commun sont radicalisées, tandis que plus de 500 sont en prison pour terrorisme.

Le secrétaire général du Grand ouest du syndicat CGT pénitentiaire, Samuel Gauthier, avait déploré que les agents chargés du transfert du détenu n'aient pas été armés. L'escorte "était composée de trois personnes, ce qui correspond à un niveau de sécurité important", avait rétorqué l'Administration pénitentiaire.
"Les détenus savent que, dès lors qu'ils partent en extraction médicale, le niveau de sécurité n'est pas le même", avait affirmé Samuel Gauthier.

En 2017, l'Administration pénitentiaire a dénombré 16 évasions dont trois lors de transferts médicaux. Depuis le début de l'année, six évasions ont eu lieu, dont quatre lors d'extractions médicales et judiciaires.

Treize jours après son évasion lors d'un transfert médical dans l'ouest de la France, un détenu radicalisé a été interpellé dans la nuit de lundi à mardi en Espagne en compagnie d'un complice présumé, lors d'un banal contrôle d'identité nocturne.Vers 02h00 du matin, les deux hommes de 21 ans, qui faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt européen, ont été arrêtés dans la rue à Saint-Sébastien (nord de l'Espagne) par la police basque. Une arrestation fortuite qui met fin aux intenses recherches de la police française, dans un contexte de menace terroriste élevée."De retour en France, il sera mis en examen (inculpé) et placé en détention dans une autre maison d'arrêt, plus sécurisée", a indiqué mardi matin à l'AFP une source pénitentiaire.Le 16 mai au matin, ce détenu écroué à la maison d'arrêt de Brest,...