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Mode

L’été selon « Diamondogs »

Son ouvrage « Beirut Cooks », dans lequel elle invitait créateurs et acteurs de la scène culturelle à partager leurs recettes, a tellement fait de bruit en 2014 qu’on l’a crue, pour un temps, vouée à la gastronomie. Mais pour la seconde saison consécutive, Pascale Habis surprend avec une nouvelle collection de prêt-à-porter sous la griffe « Diamondogs ».

C’est une chanson dystopique, un rien hallucinée et macabre de David Bowie : Her face is sans feature, but she wears a Dali brooch. Sweetly reminiscent, something mother used to bake (« Son visage est sans traits particuliers, mais elle porte une broche de Dali. Douce réminiscence, quelque chose que mère accommodait » ). Pascale Habis adore David Bowie et ce titre, Diamond dogs affole son inspiration. L’image de cette broche de Dali et l’idée de ces mystérieuses réminiscences font à elles seules surgir tout un climat où les robes animent un décor gracieux et suranné, d’une élégance contemporaine qui emprunte son raffinement à des éléments du passé.

Marmites et énergies bénéfiques
Réminiscences, mais aussi transmission et héritage sont pour elle une source intarissable. La cuisine, ce lien social, culturel et générationnel en fait partie. Ce n’est pas par hasard que la créatrice a publié en 2014 Beirut Cooks, magnifique album dans lequel les principales figures de la sphère artistique libanaise partagent leurs recettes. Elle avoue à cet égard adorer la cuisine roborative, les bons vieux plats familiaux qui mijotent dans des marmites et dont le parfum envahit la maison et réconforte tant les enfants à leur retour de l’école. Par ailleurs graphiste et décoratrice, elle a longtemps contribué à imprimer aux intérieurs qui lui étaient confiés ce rythme lent qui fait durer le temps. À travers, notamment, des objets patrimoniaux qui ajoutent à la douceur de l’atmosphère la bienveillance des ancêtres. Partout règne dans son esthétique personnelle ce besoin de souligner une transmission, de mettre en valeur une chaîne ininterrompue, des racines profondes qui irriguent le présent et le comblent d’énergies bénéfiques.


(Pour mémoire : « Diamondogs », tout un art de vivre)


L’élégance du passé au cœur de l’instant présent
En novembre 2017, Pascale Habis, obsédée par un manteau à manchettes de fourrure retrouvé chez sa mère et grâce auquel ont ressurgi ses souvenirs de petite fille, lance une première collection de vêtements et accessoires sous le label Diamondogs. Cette tentative rencontre un succès encourageant, grâce, justement, au caractère intemporel qu’elle dicte, en qualité de directrice artistique, aux créateurs et artisans enrôlés sous sa bannière tissée de nostalgie.
Voici en ce mois de mai la première collection estivale de la petite marque qui monte. Tout aussi imprégnée que la précédente de l’atmosphère vibrante qui règne dans le lieu de vie et de travail de Pascale Habis, un ancestral hôtel particulier niché sous les arbres, à Gemmayzé, la collection Diamondogs printemps/été 2018 fait rayonner l’élégance du passé au cœur de l’instant présent.

Sobriété, fluidité
Sensuelles célébrations de la belle saison, mêlées à la brise charriant un parfum de jasmin, de chèvrefeuille et de gardénia, un reste ozoné de neige tardive et d’herbe mouillée, réchauffée par les premiers rayons d’un soleil déterminé à durer, les pièces de cette ligne sont sobrement baptisées « Printemps/été 2018, collection 1 ». L’« Anamour » est une robe romantique en soie diaphane d’une puissante féminité. Ses manches bouffantes et ses plis souples soulignent avec grâce le mouvement. « Bouvier » est une robe tunique trois-trous très sobre, clin d’œil à Jackie Kennedy avec son col rond en soie plissée. Le pantalon droit « Baker » ou le modèle « Jo », très large et fluide, portés avec la blouse « Tee » en maille de soie, ou encore la robe chemise « Wallis », vedette de la saison, et le chemisier « L’ivresse » aux manches démesurées s’accompagnent d’une nouvelle ligne de sacs aux formes pures, « Le secret », « Fedora », ou « La chamade », pour recréer une histoire de la mode complice de la libération féminine. Diamondogs, on l’aura compris, célèbre la transmission entre femmes.


C’est une chanson dystopique, un rien hallucinée et macabre de David Bowie : Her face is sans feature, but she wears a Dali brooch. Sweetly reminiscent, something mother used to bake (« Son visage est sans traits particuliers, mais elle porte une broche de Dali. Douce réminiscence, quelque chose que mère accommodait » ). Pascale Habis adore David Bowie et ce titre,...

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