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Des étudiants de l’Université libanaise exposent à Hazmieh

ARTS PLASTIQUES

Pour la première fois depuis dix ans, plus de quatre-vingts étudiants en arts plastiques de l’UL ont exposé peintures, gravures et sculptures hors de l’université, du 23 avril au 2 mai.

19/05/2018

Pour la première fois depuis dix ans, plus de quatre-vingts étudiants en arts plastiques de la faculté des beaux-arts et d’architecture de l’Université libanaise, section 2, participent à une exposition collective à l’extérieur de l’université. Ils ont ainsi exposé peintures, gravures et sculptures, à la municipalité de Hazmieh, du 23 avril au 2 mai.

Dans une vaste salle, des toiles installées sur des chevalets longent les murs, alors qu’au milieu se dressent des sculptures métalliques, certaines cubiques et d’autres évoquant des insectes et des visages humains, ainsi que des personnages créés avec des fils de fer entortillés. Au milieu également, une vingtaine de gravures, en noir et blanc, accrochées sur des panneaux, interpellent le visiteur. 

Dès son arrivée sur le lieu de l’exposition, celui-ci est marqué par la variété des œuvres, tant au niveau de la forme que du fond. Cette diversité est due aux différents profils de leurs auteurs et aux différents contextes de leur exécution. Les auteurs sont des étudiants de la première année de la licence jusqu’au master, et leurs œuvres exposées représentent une sélection des travaux qu’ils ont effectués durant l’année, dans le cadre de différents cours. 

 « Nous avons voulu aider les étudiants et montrer leur niveau », confie Elsa Ghoussoub, chef du département des arts plastiques de la faculté des beaux-arts et d’architecture, section 2. D’où l’idée de l’exposition. Celle-ci permet de « motiver encore plus les étudiants pour travailler, donner de leur mieux et développer leur personnalité d’artiste », continue-t-elle. 

Dans cette exposition, ces étudiants ont abordé diverses thématiques, racontant leurs soucis, leurs rêves, leurs envies ou leurs réflexions sur le monde et la société, sur des lieux familiers ou sur des personnages de leur quotidien ou rencontrés au hasard.

Gaia-Maria Noujeim, en 3e année, a exposé deux peintures sur bois, représentant deux femmes de taille plus grande que nature. Expressifs, ces personnages rappellent les œuvres de Lucian Freud, un artiste dont l’étudiante aime s’inspirer. « Mes personnages expriment une émotion ou un état d’âme. Parfois, lorsque je regarde les gens, je remarque que leur état d’âme n’est plus temporaire, mais qu’il fait partie désormais de leur personnalité. J’ai voulu exprimer cela à travers la touche, les couleurs et la composition », explique-t-elle. 

Également sur une grande toile, s’étalant sur toute sa surface, une boîte en carton, fermée, attire l’attention du visiteur. Elle est signée Rami Saad, étudiant en 2e année. « C’est une interprétation d’une œuvre de Caravage, note-t-il. J’aime le contraste et l’agressivité qui se dégagent des œuvres de cet artiste, ça ressemble à notre réalité ! » De cette œuvre classique, cet étudiant a retenu quelques éléments comme la texture et la couleur, avant de la revisiter en la conceptualisant. « J’ai travaillé sur la sensation tactile, la curiosité et l’élément de surprise », ajoute-t-il, rappelant un peu le côté mystérieux de la vie. 


Un pas d’envergure

Quant à Sara Ghoussoub, en master 2, elle a exposé trois collages, mixant tissu, peinture blanche et plâtre. Elle y exprime sa réflexion sur le métier d’hôtesse de l’air qu’elle a exercé avant d’entamer son master. « Ces planches comportent des débris d’objets qui sont restés avec moi, dans ma mémoire. Chacune de ces matières peut former plusieurs images. » Sa quatrième planche revisite le livre de Georges Perec, Penser/Classer. Il s’agit de réfléchir sur la façon de « former la surface de ma table selon la probabilité des objets qui sont dessus », explique-t-elle. 

Rita Massaad, en première année, a exposé une gravure qu’elle a nommée Il était une fois. Elle l’a travaillée à partir d’une photo qui l’intéresse particulièrement, exprimant sa réflexion sur le Liban d’aujourd’hui. « J’ai choisi une photo que j’avais prise à Mar Mikhaël, où l’on voit les rails, ainsi que le drapeau libanais accroché à un immeuble. C’est un site unique et caché de Beyrouth », confie-t-elle. 

Pour une partie des étudiants, cette exposition constitue leur première expérience dans le monde artistique, « un premier pas pour montrer mon travail », comme le dit si bien Rami Saad. 

En outre, cette exposition a engagé les étudiants dans une double confrontation : la première avec leurs camarades. « C’est beau et satisfaisant, mais aussi un peu intimidant de voir mes travaux exposés avec ceux des autres dans cet espace ! » révèle Gaia-Maria Noujeim. Pour son aînée Sara Ghoussoub, l’intérêt c’est de « rencontrer les autres étudiants et d’écouter ce qu’ils ont à dire à travers leur travail ». 

Quant à la seconde confrontation, elle s’est établie avec le public. En effet, l’importance de cette expo, c’est de permettre aux étudiants « de pratiquer devant le public. Cela les aide à choisir les mots pour parler de leurs œuvres, à recevoir des commentaires et apprendre à réagir », estime M. Bernard Haddad, enseignant dans le département des arts plastiques. « Ils y apprennent à défendre leur travail », ajoute Mme Elsa Ghoussoub. 

Ainsi, cette première visibilité leur donne confiance et les prépare aux prochaines étapes. Car le département développe sa politique d’ouverture, organisant expositions et préparant échanges et partenariats avec des universités étrangères. Un pas d’envergure pour les étudiants en arts pastiques de la section 2 de l’UL !




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