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Liban

Une église a repris vie dans le quartier des arts de Saïfi, à Beyrouth

Communautés

Ouverte sept jours sur sept, Notre-Dame de la Dormition attire ceux qui travaillent au centre-ville et les visiteurs d’un jour.

05/05/2018

Toute petite, on la prendrait pour une boutique du quartier des artistes à Saïfi. Mais c’est une église qui a repris vie dans le centre-ville de Beyrouth.

Restaurée en 2014, cette église grecque-catholique dédiée à Notre-Dame de la Dormition accueille, un jeudi par mois, des conférences. La dernière en date avait pour thème les icônes. C’est une façon de faire revivre cette église, construite en 1865, dans un quartier qui a profondément changé. « Avant la guerre, cette église était en plein Souk el-Najjarine. La rue qui l’abrite a même pris le nom de la congrégation chargée de l’église et qui avait également au même emplacement un couvent. C’est la rue al-Moukhalssiyé (les salvatoriens, en français) », explique le père Jean Faraj, ancien supérieur de la congrégation et qui a fait revivre cette église une fois qu’il a quitté son poste de responsabilité. « Jusqu’en 1928, nous avions dans le même endroit une imprimerie, qui se trouve actuellement au couvent Saint-Sauveur de Joun. Cette église est restée ouverte en pleine guerre du Liban, même si elle était sur la ligne de démarcation, et cela grâce au prêtre qui s’en occupait. Il habitait tout juste à côté », dit-il.

C’est le père Jean Faraj qui a récupéré l’église de Solidere, en 2014, bien après que la restauration effectuée par la compagnie chargée de reconstruction du centre-ville de Beyrouth se fut achevée. « Avec la fin de la guerre, Solidere a pris en charge le centre-ville. Comme nous n’avions pas les moyens de restaurer, c’est cette compagnie qui a restauré le bâtiment abritant l’église », raconte-t-il. Conformément à la loi en vigueur au Liban, l’église n’a pas été reprise par Solidere, elle est restée parmi les possessions des pères salvatoriens. Et quand il récupère l’église, le père Jean Faraj fait appel à un autre prêtre spécialisé dans l’écriture d’icônes, Nidaa Ibrahim. Ce sont ses icônes qui ornent les murs de la petite église et qui reprennent toutes les étapes de la vie de la Vierge Marie. 

La messe, chaque jour
Le père Faraj vit désormais à côté de l’église, occupant la maison habitée par le dernier prêtre salvatorien avant la fin de la guerre. « L’église est ouverte de 8h à 18h. Tous les jours, je célèbre la messe à 8h30, à l’exception du dimanche, à 10h30 », raconte-t-il, relevant que « ce n’est certes pas la même paroisse d’avant-guerre, mais c’est une façon de faire vivre cette église différemment. Mes paroissiens aujourd’hui sont des personnes qui travaillent au centre-ville, qui viennent se recueillir et prier ». 

Maroun Salhani se souvient de l’église quand il était petit et un peu plus tard, durant la guerre. « Le quartier grouillait de monde avant la guerre. C’était le quartier populaire de Souk el-Najjarine. Il y avait, à côté, des pompes funèbres. L’entrée n’était pas dans cette rue, mais de l’autre côté. Il fallait passer entre les bâtiments pour y accéder. Plus tard, durant la guerre, cette église est restée ouverte malgré la destruction. Son ouverture était aussi une façon de résister. Tout a changé maintenant. Beyrouth n’est plus ce qu’elle était. » 

Même si Beyrouth n’est plus ce qu’elle était, Maroun Salhani et plusieurs dizaines de personnes étaient présentes à la conférence de la semaine dernière, faisant indiscutablement de cette église un lieu de rencontres, d’échanges et de recueillement. 

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Saturne

Bravo.
Une tres belle eglise.

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