Le journaliste Charles Ayoub, propriétaire du quotidien Ad-Diyar, a été arrêté hier de manière préventive plusieurs heures, sur ordre de la juge Ghada Aoun, procureure générale du Mont-Liban, sur base d’une plainte déposée par Sarkis Sarkis, candidat au Metn. Cette plainte se base sur un chèque sans provision qui aurait été signé par M. Ayoub en 2015 à l’intention de M. Sarkis, pour lui rendre une dette. M. Sarkis assure qu’il lui a été impossible de l’encaisser, d’où une plainte déposée contre M. Ayoub depuis. Affirmant de son côté que le chèque est un faux, M. Ayoub a déposé une autre plainte contre Sarkis Sarkis, comme l’a réaffirmé son avocat hier à la télévision. Ce rebondissement dans l’affaire a éclaté alors même que des articles mettant en cause le candidat Sarkis ont paru récemment dans le journal Ad-Diyar.
M. Ayoub a confirmé à la LBCI, à sa sortie de détention hier soir, que « ce chèque a déjà été soumis à une expertise qui a montré que l’écriture n’était pas (la sienne), même s’il provient de (son) carnet de chèques », ajoutant que « M. Sarkis refuse systématiquement d’assister aux séances ». Il a estimé que cette affaire avait pour but de le faire taire et d’empêcher son journal de publier des articles sur le candidat. À ce propos, le juge des référés de Beyrouth a publié une décision hier en vertu de laquelle il interdit au journal Ad-Diyar et à son site internet de publier des articles considérés diffamatoires à l’encontre de M. Sarkis.
Durant les heures d’arrestation de M. Ayoub hier au Palais de justice de Baabda, des rumeurs ont circulé sur une détérioration de son état de santé, et même d’une tentative de suicide. L’avocat de M. Ayoub a tôt fait de démentir les rumeurs de suicide. Sarkis Sarkis, pour sa part, tout en affichant sa détermination de poursuivre sa plainte, a estimé que « c’est à la justice de décider de relâcher ou non M. Ayoub en raison de son état de santé », dans un bref entretien à la LBCI.
Enfin, l’ordre de la presse a réagi très vite à l’arrestation du propriétaire d’Ad-Diyar hier, appelant à sa libération « immédiate et inconditionnelle ». L’ordre a rappelé qu’après les amendements de la loi sur les imprimés, toutes les pénalisations qui limitent la liberté des journalistes, à l’instar de la détention préventive, ont été abolies. Le communiqué rappelle que « c’est au tribunal des imprimés de trancher dans ce genre d’affaires ».
Liban - Médias
Charles Ayoub relâché après plusieurs heures d’arrestation
OLJ / le 13 avril 2018 à 00h00

