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Liban

Anta Akhi : apporter de la joie dans la vie des handicapés adultes

Solidarité

L’ONG Anta Akhi organise un dîner de récolte de fonds le 19 avril pour financer ses activités et fêter ses vingt-cinq années d’existence.

13/04/2018

L’ONG Anta Akhi d’aide aux handicapés a été fondée en 1992 par Yvonne Chami. Elle accueille des adultes handicapés et dépend en grande majorité des financements privés.
Les « jeunes », entendre ici les adultes handicapés, pris en charge par l’association Anta Akhi, ont entre 20 ans et une cinquantaine d’années. Ils sont en situation de handicap physique et/ou mental à différents degrés, ce qui implique des besoins différents pour chacun. L’organisation se donne à cœur de fournir à ces personnes des conditions de vie dignes, malgré une situation financière difficile. D’ailleurs, elle organise, le jeudi 19 avril, un grand dîner au O1NE à Beyrouth dans le but de récolter des fonds et de célébrer ses 25 ans d’existence.
Dans l’association, les accompagnateurs ne sont pas particulièrement formés à ce genre de travail, mais « apprennent avec le cœur » comme le précise Chantal Haddad, responsable des ressources de l’association.

Une journée au cœur d’Anta Akhi
La multiplicité des situations de handicap nécessite un planning diversifié, s’adaptant à chaque profil, et certains « jeunes » résident en permanence dans le siège de l’organisation quand d’autres n’y restent qu’en journée. Élie Khoury, accompagnateur au sein de l’association, décrit les journées des pensionnaires, qui se passent entre activités spirituelles et artistiques, dans le cadre d’une vie en communauté.
Même si elle accepte tous les cas de handicap qui lui sont présentés, l’association assume pleinement sa dimension catholique. « La foi est le pilier de l’association », affirme Joris Roland, séminariste français œuvrant à Anta Akhi.
Au troisième étage, nous sommes accueillis dans une salle de réunion, où un espace de prière se dessine, derrière les cloisons. Sur le mur, des photos des « jeunes » décédés. Le rapport à l’au-delà est différent pour ces personnes qui suivent un accompagnement spirituel et existentiel. « Qui suis-je ? », « Où je vais ? », « Pourquoi ? » sont autant de questions auxquelles Norma Kassis, responsable de l’unité opérationnelle, tente d’apporter des réponses, en suivant les préceptes de l’Évangile. La mort est considérée « comme un passage vers Dieu ». « Une fois cette réflexion faite, on est dans la joie », ajoute-t-elle.

Dépasser le stigmate de « handicapé »
La joie est un terme important pour Anta Akhi, où s’occuper du handicap n’est pas vu comme une fin en soi. Il importe à cette équipe de donner une raison de vivre à ces adultes handicapés.
C’est le cas de Ghassan Jabra, 32 ans, présent dans l’association depuis ses 13 ans. « Je suis entré à Anta Akhi il y a 19 ans en même temps que mon frère Gharib. Je suis atteint de myopathie de Duchenne, une maladie régressive qui me fait perdre mes forces et mes capacités motrices. À Anta Akhi, on ne s’occupe pas seulement de moi, j’ai un rôle ici. J’ai mis du temps à accepter mon handicap, mais maintenant j’aide les jeunes à accepter le leur. On m’a enseigné à trouver la joie et je veux la transmettre. Ici, on s’entraide tous, et c’est une personne handicapée mentale qui m’a accompagné et soutenu lors du décès de mon frère Gharib. Je garde la foi et l’espoir. »
La question du handicap au Liban doit s’intégrer dans les débats de société. Un long chemin reste à parcourir quand on sait que l’État ne finance une organisation comme Anta Akhi qu’à hauteur de 2 %. Les difficultés financières sont grandes, et la société a encore du mal à changer de regard envers le handicap. Ghassan Jabra en sait quelque chose : « Le handicap n’est pas une belle chose à voir. On pourra se plaindre mais rien ne changera. Il faut changer son regard pour rendre la vie plus belle. Il faut nous regarder comme des personnes comme les autres. On peut très bien être handicapé et vivre dans la joie. »

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