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Liban

À l’AUB, trois lauréats font souffler un vent d’innovation

Changement climatique

Suite à l’appel à projet lancé l’année dernière par l’Institut Issam Farès, trois étudiants ont été récompensés pour leur recherche sur l’environnement.

17/03/2018

L’Institut Issam Farès (IFI) de l’AUB et la Banque Libano-Française (BLF) ont récompensé mercredi 14 mars les trois meilleurs projets de recherche dans le cadre d’un concours ayant pour thème « le changement climatique et la terre dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ».
Les propositions de recherche devaient réunir certains critères : innovation, interdisciplinarité et pertinence sur le plan politique. Le jury, composé de représentants de l’IFI, de la BLF, du ministère de l’Environnement et d’experts climatiques, a retenu les travaux de trois étudiants : Yara Acaf, Chafic Abdallah et Mahdi Saleh. La diversité de leur recherche démontre la richesse de la thématique environnementale puisqu’ont été récompensés les projets traitant du contrôle des feux de forêt, de la pérennité de la production agricole ou encore des outils de mesure de l’humidité des sols.
La lauréate Yara Acaf explique à L’OLJ son projet sur « le management des feux de forêt qui souffre de problèmes de réglementation ». « L’enjeu de ma recherche était d’apporter des solutions pour améliorer cette réglementation et contribuer à une meilleure gestion des feux de forêt », explique-t-elle.
Chafic Abdallah insiste sur l’importance de son engagement en faveur de l’environnement. « Ma génération sera la première à subir les effets du changement climatique, notamment dans le domaine de la production agricole, je voulais donc faire une recherche sur ce thème », souligne-t-il.
Sur les actions en faveur de l’environnement faites au Liban, Yara Acaf considère que « nous sommes sur le bon chemin, le gouvernement libanais donne son soutien, mais l’essentiel du travail est réalisé par les ONG, le gouvernement devrait être plus actif ».
Ces projets récompensés ont encore de l’avenir devant eux. Ils seront proposés à la COP24 à Varsovie, pour démontrer que l’énergie et le talent sont bien présents et que, désormais, la volonté politique doit suivre.

Des effets multiples
Le défi est de taille : le changement climatique n’est pas qu’une question d’aggravation des phénomènes météorologiques, « il affecte l’état de l’eau, dégrade les sols, affecte la terre », souligne le directeur de l’IFI, Tarek Mitri. Il fait aussi peser sur le Liban un risque important de désertification, particulièrement dans la Békaa. Ces risques importants doivent mener à une réponse multiforme, insiste-t-il. « Ainsi, l’engagement du Liban tel qu’inscrit dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques doit se dérouler en trois points principaux : la biodiversité, l’agriculture et la foresterie, et l’eau », ajoute-t-il.
Ces menaces environnementales ont un impact direct sur la stabilité socio-économique mais aussi politique des pays de la région, et concernent par conséquent tout le monde. Chaque parcelle devenue non cultivable sous l’effet de la dégradation des terres va entraîner de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, forçant les populations à migrer.
Tarek Mitri a tenu à féliciter l’ensemble des participants dont « les projets font preuve de grande précision scientifique et qui sont une valeur ajoutée pour notre société. »
Raya Raphaël Nahas, directrice générale de la BLF, a rappelé « le devoir collectif que représente la protection de l’environnement ». L’incursion du secteur privé dans le domaine de la protection environnementale s’est accélérée depuis la création du Global Compact de l’ONU, poussant les entreprises privées à intégrer des valeurs de responsabilité sociale, dont la protection de l’environnement fait partie, a-t-elle poursuivi. Selon la directrice, la BLF « est à l’origine d’actions directes pour protéger l’environnement, ou, comme aujourd’hui, de projets pour soutenir les étudiants à la recherche dans ce domaine ».
L’année prochaine, l’IFI renouvellera ce concours. Gage d’une prise de conscience mondiale, il a obtenu des partenariats avec différentes universités européennes pour élargir les candidatures. Un engouement mérité pour ce sujet de recherche trop longtemps resté marginal.

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