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Liban - Indice

Gouvernance : encore un bilan sinistre pour 2017

La fondation Renaissance Liban vient de publier l’indice « état de l’État » qui évalue la performance du gouvernement dans plusieurs domaines.

Fady Bustros.

Dans le cadre de son action pour favoriser les notions d’État et de citoyenneté au Liban, la fondation Renaissance Liban vient de publier son indice annuel, « L’état de l’État 2017 », pour tenter d’évaluer l’activité gouvernementale dans plusieurs domaines. 

Les membres du conseil d’administration de cette fondation – créée à Washington en 2007 – notent sur 10 treize critères jugés représentatifs de la performance de l’État, en les comparant avec la Norvège. Il s’agit de la liberté d’expression, la sécurité des citoyens, la tolérance culturelle et religieuse, et du contrôle de la corruption, pour ne citer que quelques exemples. En dépit de légères améliorations, le bilan de 2017 est sinistre, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et la confiance dans les institutions publiques. 

Pour ce qui est de la liberté d’expression, elle a enregistré une chute alarmante en passant de 6 (2016) à 4,8 en 2017, contre 8,9 en Norvège. Cette baisse ne saurait être expliquée que par les poursuites engagées récemment par le pouvoir judiciaire contre des journalistes et des personnalités hostiles au pouvoir en place, notamment le chef des Kataëb, Samy Gemayel, et notre confrère Marcel Ghanem. 

De même, le contrôle de la corruption a baissé de 2,2 en 2016 à 1,5 en 2017, contre 8,5 en Norvège. Un chiffre que l’on pourrait bien justifier par les accusations que se sont échangées les protagonistes, axées sur certains marchés douteux. Le plan de production de l’électricité élaboré par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, en est une preuve éclatante. D’autant qu’il est au centre d’une grave polémique opposant le Courant patriotique libre au courant du Futur et à plusieurs autres formations, dont les Kataëb et les Forces libanaises. Ceux-ci accusent les auteurs du projet de « corruption et de manque de transparence ». 

Il va sans dire que l’échec des autorités publiques à contrôler le fléau de la corruption réduit la confiance dans les institutions et la transparence économique. Ces deux indices sont donc passés à 2,2 (contre 2,4 en 2016 pour la première et 2,5 pour la seconde). 

Mais en dépit de ces résultats négatifs, certains critères retenus par Renaissance Liban ont progressé. À titre d’exemple, la stabilité est passée de 4,1 à 4,7 (contre 8,5 en Norvège). À son tour, la sécurité des citoyens s’est améliorée (4,7 en 2017 contre 3,5 en 2016). Ce résultat serait peut-être une conséquence de l’action – unanimement saluée – des services de sécurité en matière de lutte contre le terrorisme. On en veut pour preuve la bataille Aube du jurd, menée en août 2017 par l’armée contre le groupe État islamique, entre autres. 


Les « erreurs des médias »  

Si l’indice « état de l’État » est devenu une sorte de tradition que Renaissance Liban tient à respecter, celle-ci a voulu donner à son action une nouvelle dimension cette année. Les membres du conseil d’administration ont planché sur le rôle jugé négatif des médias audiovisuels dans la lutte pour l’édification d’un État. « Nous avons récemment découvert que ces médias jouent un rôle pervers sur trois volets : la notion d’État, l’éthique professionnelle et le respect des droits civiques », explique à L’Orient-Le Jour Fady Bustros, responsable des projets au sein de la fondation Renaissance Liban. « La télévision contribue à forger l’opinion publique et influence ses choix, notamment pour ce qui est des couches les plus défavorisées », dit-il, faisant valoir que la fondation a constaté qu’ « entre 2011 et 2017, les médias audiovisuels ont commis de grosses erreurs qui affectent la notion d’État que la fondation lutte pour édifier ». 

Tentant de remédier au problème, Renaissance Liban invitera prochainement des reporters de toutes les chaînes libanaises à la projection d’un reportage de 56 minutes rassemblant les graves erreurs commises par les journalistes entre 2011 et 2017. À ce sujet, M. Bustros indique qu’un comité formé de journalistes, dont Nidal Ayoub et Rouba Hélou, a fourni un « important » travail en vue de regrouper toutes ces erreurs. Il souligne aussi que le reportage sera disponible en ligne ultérieurement à l’intention des étudiants en médias et en sciences sociales. « Nous voulons amener la télé qui touche toutes les couches de la population à jouer un rôle positif, d’autant que l’état de l’État dépend de la perception que les gens ont de leur État », conclut Fady Bustros.


Pour mémoire 

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