Le Liban vit depuis 2005 une situation de crise identitaire aiguë, déchiré entre une indépendance laminée, une souveraineté sabotée, des libertés assassinées et une République dénudée, désarticulée et végétative…
Les gesticulations et les campagnes de presse qui se poursuivent depuis l’accession du « président fort » à la tête du pouvoir seront-elles suffisantes pour sortir le pays de cet infernal engrenage régional dans lequel certaines de ses composantes et néanmoins alliées l’ont entraîné ?
Comment va-t-on concilier les objectifs stratégiques de ces partis politiques et ceux du pays du Cèdre ? Comment va-t-on rendre à l’État de droit ses pouvoirs, ses attributions et sa liberté d’action, sans l’avoir préalablement libéré de ceux qui banalisent cette atteinte grave à la Constitution, séquestrent, manipulent, bafouent sa souveraineté nationale au quotidien, et qui ignorent même l’application d’une politique de « distanciation », souhaitée fermement par les instances internationales ?
Il y a certes une nouvelle loi électorale et tout le monde s’en félicite, même si elle est critiquable sous certains de ses aspects. Des élections législatives ont été aussi fixées pour le 6 mai 2018, après deux prolongations des mandats des membres de l’actuelle Assemblée nationale. Aujourd’hui, la boîte de Pandore s’est ouverte et a commencé à libérer les esprits individuels et ceux de mouvements politiques de leurs vieux fantasmes et de leurs rancunes profondément enfouies depuis des décennies. Le peuple ébahi ne peut croire et encore moins adhérer à tout ce « cirque » que les politiques étalent depuis un certain temps sur la place publique et toutes les « ordures » (au sens propre et au sens figuré) qu’ils déversent sur la scène intérieure… Honte à eux, mais aussi à nous tous, de tolérer un tel « laisser-faire » et « laisser-aller » !
S’agit-il d’un phénomène accidentel ou d’une démarche voulue au moment d’amorcer une campagne électorale d’un type nouveau, puisqu’il s’agit de l’application d’une élection basée sur un système proportionnel ? Est-ce là un test réciproque entre les différentes formations ? C’est probable, car ces dernières semblent aller vers le choix au départ du « contenant » plutôt que du « contenu », comme qui dirait, vers le choix d’un module de « cuisine », avant même d’avoir déterminé l’identité gastronomique que l’on veut y préparer ! Toutes les « écuries » politiques agissent à tâtons aujourd’hui, à l’occasion de cette première élection proportionnelle ; elles se mobilisent donc et cherchent à établir des alliances ponctuelles et à choisir des candidats, faisant fi de leurs alliances naturelles. Est-ce que tactiquement cet exercice d’un genre nouveau va imposer de nouvelles orientations et donc de nouvelles alliances ? Est-ce qu’il va remettre en question des alliances stratégiques « contre nature », établies à l’époque par les parties contractantes pour desservir leurs objectifs tactiques du moment ?
Mais ce qu’il est important de souligner à l’occasion de ces élections, voire même de fondamental, c’est qu’il s’agit d’élire une liste, et donc un programme, et non une personne, comme c’était le cas dans les suffrages antérieurs…C’est là un grand défi !
C’est en même temps l’ultime chance pour les citoyens de ce pays – qui ploient depuis plus de trente ans sous le diktat de forces étrangères représentées par des élus de la nation qui siègent au sein de l’Assemblée – d’aller aux urnes et d’élire les seuls listes et candidats garants de l’indépendance, de la souveraineté, des libertés, de la démocratie, de la justice, de la transparence, de la prospérité, de la protection de l’environnement et surtout d’une politique de défense exclusivement nationale, à travers un programme clairement exprimé et largement diffusé au niveau national, dans lequel ils s’engagent à défendre uniquement les valeurs de la République et l’allégeance exclusive à l’État de droit et ses institutions !
C’est dans ces conditions uniquement que les citoyens libanais pourront réussir tout seuls et peut-être pour la première fois depuis l’indépendance une révolution blanche exclusivement « made in Lebanon », qui pavera la voie à des possibilités sérieuses de changement et la mise en place d’un chantier général pour préparer l’avènement de la IIIe République.
À vos commandes, Mesdames et Messieurs les candidats, et que les meilleures listes gagnent, pour pouvoir enfin reconstruire la République et l’État de droit.
Nos lecteurs ont la parole - Par Salim F. Dahdah
Les tractations pré-électorales, prémices d’une IIIe République ?
OLJ / le 26 février 2018 à 00h00


Votons donc pour la société civile, les mouvements tels que ٧ Sabaa et autres. C’est un ébauche de solution.
07 h 48, le 10 mars 2018