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Économie - Assurances

La Chine resserre son étau sur les géants endettés du privé

Le logo Anbang à Pékin, le 4 août 2017. Greg Baker/AFP

La Chine va-t-elle renforcer son emprise sur ses grands groupes privés ?
Nombre d’analystes s’y attendent après la prise de contrôle par Pékin du troisième assureur chinois, décidée afin d’enrayer les risques financiers pour la deuxième économie mondiale. L’autorité nationale de régulation des assurances a créé la surprise en annonçant vendredi qu’elle dirigerait pendant un an au moins la compagnie Anbang, connue pour s’être emparée en 2014 du mythique palace new-yorkais Waldorf Astoria.
Le groupe a mené ces dernières années une frénésie d’achats à l’étranger, principalement financée à crédit. Sa mise sous tutelle par l’État, une mesure inédite en Chine pour une société privée, est désormais un signe de l’intransigeance de Pékin face à l’endettement colossal des grandes entreprises. L’assureur est le premier groupe à faire l’objet d’une mesure aussi radicale depuis le lancement fin 2016 par Pékin d’une offensive visant à obliger les conglomérats privés à réduire leurs investissements « irrationnels » à l’étranger et leurs dettes. Parmi eux : HNA (aéronautique, tourisme, hôtels), Wanda (immobilier, cinéma, parcs d’attraction) ou encore Fosun (propriétaire du Club Med et du groupe de luxe Lanvin).
Fondé en 2004, Anbang était à l’origine un modeste assureur. Il a prospéré en vendant des produits d’assurances promettant des taux d’intérêt alléchants. Résultat : le groupe est devenu en quelques années un géant financier.

Bière au volant
Outre le Waldorf, racheté pour 1,95 milliard de dollars, Anbang s’est emparé d’assureurs étrangers et avait des vues sur le groupe hôtelier américain Starwood, qu’il proposait de racheter début 2016 pour 14 milliards de dollars. Mais la campagne des autorités visant à stopper les pratiques financières risquées a sonné la fin des massives levées de fonds d’Anbang.
Sa mise sous tutelle signifie par ailleurs que le Parti communiste chinois est désormais le dirigeant de facto du Waldorf Astoria. Une implication directe de l’État qui pourrait dissuader les régulateurs étrangers d’approuver de futurs investissements chinois, soulignent des analystes. Avec sa puissance financière, le gouvernement chinois devrait pouvoir contenir les risques. Mais il est en partie responsable de la crise actuelle, estime Christopher Balding, de l’Université de Pékin.
La Chine a longtemps encouragé ses grandes entreprises à « partir à l’assaut » de l’international. Et les régulateurs chinois, qui ont le pouvoir d’empêcher toute acquisition importante à l’étranger, ne l’ont jamais fait, souligne M. Balding. « Les entreprises comme Anbang, très clairement, se sont enivrées et ont pris le volant. Mais c’est Pékin qui leur a fourni la bière et les clés de la voiture », dit-il.

Source : AFP

La Chine va-t-elle renforcer son emprise sur ses grands groupes privés ?Nombre d’analystes s’y attendent après la prise de contrôle par Pékin du troisième assureur chinois, décidée afin d’enrayer les risques financiers pour la deuxième économie mondiale. L’autorité nationale de régulation des assurances a créé la surprise en annonçant vendredi qu’elle dirigerait pendant un an au moins la compagnie Anbang, connue pour s’être emparée en 2014 du mythique palace new-yorkais Waldorf Astoria.Le groupe a mené ces dernières années une frénésie d’achats à l’étranger, principalement financée à crédit. Sa mise sous tutelle par l’État, une mesure inédite en Chine pour une société privée, est désormais un signe de l’intransigeance de Pékin face à l’endettement colossal des grandes entreprises....
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