Dopé « à l’insu de son plein gré » ? C’est la défense de Moscou après le contrôle positif au meldonium du curleur Alexander Krushelnitsky aux JO, un nouveau cas de dopage embarrassant pour la Russie. Scruté par la planète sport, montré du doigt pour les tricheries répétées organisées jusqu’aux JO de Sotchi en 2014, Moscou n’avait en effet pas besoin de ce nouveau scandale.
Lundi, alors que le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait officialisé le contrôle positif du Russe sans préciser la substance détectée, le président de la Fédération russe de curling Dmitri Svichtchev évoquait d’emblée une « provocation » et un « acte de sabotage ».
« Depuis 2015, il a donné onze échantillons, et tous étaient négatifs. Qu’est-ce qui passerait par la tête d’un homme pour prendre une pilule (interdite) juste avant les Jeux ? » s’interrogeait-il.
Hier, après les précisions apportées sur la nature du produit illicite découvert dans les deux échantillons analysés, du meldonium, Moscou a persévéré dans sa ligne de défense, à commencer par le ministre des Sports, Pavel Kolobkov : « Il est évident que dans ce cas concret, il n’a pas pu prendre ce médicament interdit intentionnellement, cela n’aurait simplement aucun sens. Le curling n’est pas le genre de sport dans lequel les athlètes malhonnêtes se dopent », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Le meldonium, surtout utilisé dans les pays d’Europe de l’Est, est normalement destiné à soigner les angines et les cardiopathies afin d’augmenter les performances des sujets malades. Il est interdit par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis le 1er janvier 2016.
De l’avis même des sportifs, se doper et prendre du meldonium est a priori inutile en curling, un sport qui ne nécessite ni force ni vitesse.
Reste que, même si Alexander Krushelnitsky avait ingéré accidentellement du meldonium, les Russes devront expliquer pourquoi ils conservent dans leur pharmacie une substance prohibée depuis plus de deux ans, qui a déjà provoqué la suspension de nombreux sportifs russes, dont Maria Sharapova.
L’enjeu est de taille pour la Russie. Car ce contrôle positif, le premier dans le curling pendant des Jeux depuis que ce sport est devenu olympique à Nagano en 1998, intervient alors que le CIO doit décider le 24 février de lever ou non la suspension du Comité olympique russe.
Source : AFP
Sport - Dopage
Moscou plaide le sabotage
OLJ / le 21 février 2018 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef