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Économie - Maroc

Au Maroc, le chômage des jeunes est une « bombe à retardement »

Des manifestants protestent contre la corruption et le chômage à al-Hoceïma dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, le 28 mai 2017. Fadel Senna/AFP

Une « bombe à retardement » et une question à « prendre très au sérieux »: au Maroc, le chômage touche plus de quatre jeunes urbains sur dix, une problématique au centre des préoccupations sociales qui nourrit frustration et mécontentement populaire.
Sept ans après le Mouvement du 20 février, version marocaine du printemps arabe, l’avenir de la jeunesse est plus que jamais d’actualité dans le royaume, agité ces derniers mois par des mouvements de protestation menés le plus souvent par des jeunes au chômage. Selon les données du Haut-Commissariat au plan (HCP) publiées au cours de la semaine écoulée, le Maroc a enregistré à fin 2017 un taux de chômage de 10,2 % contre 9,9 % une année auparavant. Surtout, celui-ci touche principalement les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,5 %), avec un taux qui culmine à 42,8 % en milieu urbain.
Ce chômage des jeunes « n’est pas un phénomène récent, mais il a tendance à devenir structurel avec la déperdition scolaire et la faible diversification du tissu productif national », explique à l’AFP Ahmad Lahlimi, le haut-commissaire au plan. L’économie marocaine, bien que portée par une croissance de 4 % en 2017 contre 1,2 % l’année précédente, « n’a pas créé suffisamment d’emplois par rapport au nombre de jeunes arrivés sur le marché du travail », poursuit M. Jaidi. Selon les données du HCP, les diplômés sont, par ailleurs, davantage exposés que les personnes n’ayant suivi aucune formation.
La presse locale tire régulièrement la sonnette d’alarme sur le chômage des jeunes, qualifié de « bombe à retardement » qui nourrit « mécontentement et frustration ». Le roi Mohammad VI a lui-même reconnu dans un discours en octobre que les progrès enregistrés ne profitent pas aux « jeunes, qui représentent plus d’un tiers de la population ». « Parmi eux, nombreux sont ceux qui souffrent de l’exclusion, du chômage », a-t-il dit.

« Système D »
Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a de son côté appelé les autorités du royaume à « réduire les niveaux toujours élevés de chômage, notamment chez les jeunes ». Une question à prendre « très au sérieux », a prévenu la Banque mondiale. In fine, les demandeurs d’emploi, diplômés ou pas, découragés par d’interminables recherches infructueuses, optent souvent pour le « système D ». « La seule possibilité d’insertion des jeunes, quand ils arrivent à s’insérer, c’est le marché de l’informel, avec une très grande précarité en termes d’emploi et de revenu, ainsi qu’une absence de protection sociale », soutient M. Jaidi.
C’est le cas de Mehdi, 28 ans, qui distribue dans le vieux Rabat des prospectus deux demi-journées par semaine, pour une cinquantaine d’euros par mois, tout en déposant ici et là son CV. « Je n’ai pas de contrat de travail, pas de couverture médicale », souffle ce jeune Marocain qui a suivi une formation en cuisine il y a quelques années, mais qui n’a jamais trouvé d’emploi dans « son domaine ».
AFP/ Hamza MEKOUAR

Une « bombe à retardement » et une question à « prendre très au sérieux »: au Maroc, le chômage touche plus de quatre jeunes urbains sur dix, une problématique au centre des préoccupations sociales qui nourrit frustration et mécontentement populaire.Sept ans après le Mouvement du 20 février, version marocaine du printemps arabe, l’avenir de la jeunesse est plus que jamais d’actualité dans le royaume, agité ces derniers mois par des mouvements de protestation menés le plus souvent par des jeunes au chômage. Selon les données du Haut-Commissariat au plan (HCP) publiées au cours de la semaine écoulée, le Maroc a enregistré à fin 2017 un taux de chômage de 10,2 % contre 9,9 % une année auparavant. Surtout, celui-ci touche principalement les jeunes âgés de 15 à 24 ans...
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