Le chef opérationnel du groupe extrémiste de gauche grec 17 Novembre, qui purge une peine de prison à perpétuité, a entamé vendredi une permission de sortie de 48 heures, la deuxième en quatre mois, ce qui a suscité de nouvelles critiques grecques et étrangères.
Dimitris Koufontinas, 59 ans, jugé responsable de 23 assassinats -- dont ceux de cinq Américains, deux Turcs et un Britannique-- entre 1975 et 2000, a quitté la prison dans la matinée, salué par son avocate et un groupe de proches, ont montré les télés grecques.
Comme il y a quatre mois, sa permission de sortie a été critiquée tant par l'opposition de droite que par la diplomatie britannique et américaine.
"Il est extrêmement décourageant de voir un terroriste non repenti ressortir de prison" a tweeté, en grec, l'ambassadrice britannique, Kate Smith, dénonçant une injure à "la mémoire des victimes et les sentiments des familles".
L'ambassadeur américain, Geoffrey Pyatt, a retweeté une déclaration du département d'État, qui "condamne" la permission de sortie et précise que l'ambassade américaine a fait part "des inquiétudes" américaines au gouvernement grec.
Dora Bakoyannis, cadre du parti grec d'opposition de droite, Nouvelle-Démocratie (ND) et veuve d'une victime du 17 Novembre, a également dénoncé sur twitter une "grave offense à la société grecque et au sens de la justice".
"Les familles des victimes n'oublieront jamais", a ajouté Mme Bakoyannis, soeur du chef de la ND, Kyriakos Mitsotakis. "Les permission de sortie de Koufontinas sont inconcevables", a dénoncé ce dernier sur tweeter, appelant à une "tolérance zéro" envers le terrorisme.
"Il faut respecter que chaque détenu exerce ses droits", ce qui rentre dans le cadre d'une "normalité" légale, a commenté l'avocate du détenu, Ioanna Kurtovic.
Ancien mathématicien et apiculteur, Dimitris Koufontinas s'était rendu en septembre 2002, deux mois après l'arrestation de la plupart de ses camarades et est sous le coup de onze condamnations à perpétuité.
Il a assumé publiquement "la responsabilité politique" des actions du groupe, apparu en 1975 avec l'assassinat du chef d'antenne de la CIA à Athènes, Richard Welch et qui a signé sa dernière action en tuant en 2000 l'attaché militaire britannique Stephen Saunders.
La Turquie avait également vivement réagi à l'annonce de sa première permission de sortie.


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