L’Église maronite s’est interrogée hier sur « la conscience de leurs devoirs » à l’égard de la population des responsables. Elle l’a exprimé hier depuis Bkerké, où se tenait l’assemblée mensuelle de son synode épiscopal, sous la présidence du patriarche Béchara Raï.
Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion, le Conseil des évêques maronites a commencé par saluer la réunion des trois hauts responsables au palais présidentiel de Baabda et le communiqué qu’ils ont publié. Il a exprimé l’espoir que cette rencontre « soit le point de départ d’une prise de conscience de la gravité des conséquences des différends politiques, et de leur retentissement profond sur la croissance économique, la stabilité sécuritaire, financière et sociale ».
Ils ont également salué leurs efforts destinés « à empêcher Israël de construire un mur en ciment à l’intérieur des frontières libanaises », et à empêcher « toute atteinte potentielle » aux richesses en hydrocarbures du pays.
Par ailleurs, à l’approche des élections législatives (6 mai), le Conseil épiscopal maronite a demandé au gouvernement « d’expliquer aux électeurs le nouveau mode de scrutin et aux candidats de présenter leurs programmes, en sorte qu’ils montrent clairement aux citoyens leur volonté de renforcer leurs droits dans ce domaine (…), en harmonie avec le fait que tout régime démocratique doit assurer la participation des citoyens aux décisions politiques et leur garantir la possibilité d’élire leurs responsables, de les contrôler et de les remplacer ».
Les évêques ont exprimé, en troisième lieu, « leur inquiétude de voir les conflits politiques s’éterniser, alors que se poursuit le pillage du pays : partage du butin, corruption, mainmise clientéliste sur les services, gonflement de certaines administrations au-delà de toute nécessité, alors que d’autres secteurs administratifs sont négligés faute d’un accord sur le partage des parts ».
« N’est-ce pas là, se sont interrogés les évêques, une manière d’exclure du secteur public ceux qui n’ont pas de “piston” ? Et n’est-il pas du devoir des pouvoirs publics de libérer l’administration de l’emprise des diverses influences politiques ? »
Enfin, les évêques maronites ont estimé que « le spectacle de l’amoncellement des déchets et des autres négligences flagrantes à l’égard des besoins essentiels de la population soulève sérieusement la question de la conscience de leurs devoirs que les responsables manifestent, soit en matière d’environnement, soit en matière d’infrastructures opérationnelles et sûres, de routes, de réseaux d’égouts, etc. N’est-ce pas la moindre des choses que de s’attendre à ce que ces services soient assurés, en échange des impôts que la population règle, sachant qu’en l’occurrence, il s’agit là d’un pouvoir que la population a délégué à ses élus, comme le précise le préambule de la Constitution ? »
Pour conclure leur communiqué, les évêques n’ont pas manqué de rappeler que l’Église maronite est à la veille de la fête de saint Maron (9 février) et du début du grand carême (12 février), et a demandé aux fidèles de saisir cette occasion sainte pour se faire « levain de réconciliation et témoins de fraternité ».
Liban - Communautés
L’Église maronite a des doutes sur « la conscience du devoir » des responsables
OLJ / le 08 février 2018 à 00h00

