Un pilote russe a été tué dans le nord-ouest de la Syrie après la destruction de son avion, un Soukhoï SU-25, par des tirs d’un groupe jihadiste contrôlant la province d’Idleb. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’avion russe a été abattu samedi au-dessus de la ville de Maasran. Le pilote, qui a réussi à sauter en parachute avant d’être capturé, a eu recours à son arme à feu avant d’être abattu. « Il y a eu des dizaines de frappes russes sur la zone au cours des dernières 24 heures. Cet avion aussi menait des raids », a affirmé le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane. Un journaliste de l’AFP qui a pu se rendre sur les lieux du crash, a aperçu la carcasse de l’avion, dont une des ailes était flanquée d’une étoile rouge. Des pompiers tentaient d’éteindre les flammes qui dégageaient une épaisse fumée dans le ciel. Dans un communiqué publié sur sa chaîne de propagande Ibaa, Hayat Tahrir al-Cham a revendiqué l’attaque contre l’avion russe, sans parler du pilote.
Moscou, qui intervient militairement en Syrie depuis septembre 2015 en soutien aux forces du régime de Damas, a confirmé la mort de son pilote. « Un avion russe Su-25 a été victime d’un crash au cours d’un vol au-dessus d’Idleb. Le pilote a eu le temps d’annoncer qu’il s’était éjecté », a indiqué le ministère russe de la Défense cité par les agences de presse. Il a été « tué dans des combats contre les terroristes », a-t-il précisé. « Selon les premières informations, l’avion (d’attaque au sol) a été abattu par un système de missile antiaérien portatif », a-t-il ajouté. Le département d’État s’est dit pour sa part « profondément inquiet » de l’éventuel usage d’une telle arme.
Sur un autre front, dans la région de Afrine, sept soldats turcs ont été tués, faisant de samedi la journée la plus meurtrière pour l’armée d’Ankara depuis le lancement le 20 janvier de son offensive.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé hier que la Turquie disposait d’informations sur l’origine du missile antichar qui a tué les soldats turcs, mais qu’il était trop tôt pour révéler le nom du pays qui avait fourni cette arme aux combattants kurdes. La veille, M. Erdogan a tenu à rassurer son homologue français Emmanuel Macron, qui avait mis en garde la Turquie contre toute velléité « d’invasion » de la Syrie, en soulignant que les opérations de l’armée turque visaient à lutter contre des « éléments terroristes » et qu’Ankara « ne convoitait pas le territoire d’un autre pays ».
De leur côté, les autorités locales de Afrine ont exhorté hier la Russie à agir pour que cesse l’offensive turque contre cette région kurde du nord de la Syrie, accusant Moscou de « complicité » dans la mort de dizaines de civils. Dans leur communiqué, les responsables kurdes appellent aussi les États-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la coalition internationale antijihadistes à « intervenir immédiatement ».
Source : AFP
Moyen Orient et Monde - Syrie
Un avion russe abattu par un groupe jihadiste
OLJ / le 05 février 2018 à 00h00


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