La Pologne a décidé de couvrir les frais de l'opération ayant permis de sauver l'alpiniste Elisabeth Revol sur le Nanga Parbat au Pakistan, a annoncé vendredi la femme de son compagnon de cordée, Tomasz Mackiewicz, qui n'a pu être secouru.
"Je viens d'être informée que le gouvernement polonais a décidé de couvrir les frais de l'opération de secours sur le Nanga Parbat (avec le gouvernement français)", a écrit Anna Antonina Solska sur sa page Facebook.
Dans l'entourage d'Elisabeth Revol on a précisé à l'AFP que la part des fonds avancée par l'ambassade de France au Pakistan devait être remboursée.
L'alpiniste Masha Gordon, qui avait lancé la collecte de fonds avec une opération en ligne, a indiqué sur son site web que "tout l'argent recueilli via le site GOFUNDME, soit 150.000 euros, moins l'avance du gouvernement français de 31.000 euros qui doit être remboursé, ira aux enfants de Tomek. Générosité extraordinaire de tous!".
Cet argent avait été réuni pour financer la mission des hélicoptères de l'armée pakistanaise ayant transporté sur les pentes du Nanga Parbat (8.126 m) l'équipe de grimpeurs polonais pour secourir Revol et Mackiewicz
Mme Solska remercie sur sa page Facebook des diplomates polonais en poste à Islamabad et déclare que tous les fonds récoltés (en grande partie en Pologne) seront remis aux trois enfants de ce dernier, Maxymilian Wit, Zoja Antonina et Antonina Maria.
L'appel de détresse lancé le 25 janvier au soir par Élisabeth Revol a déclenché une opération de secours inédite.
Quatre alpinistes polonais acclimatés au camp de base d'un autre géant situé non loin, le K2 (8.611 m), en vue d'une autre première hivernale, ont pu engager des secours. L'opération a été lancée samedi et Élisabeth Revol a été évacuée dimanche.
Les sauveteurs n'ont en revanche pas été en mesure d'atteindre Tomasz Mackiewicz, resté bloqué plus haut sur la montagne, et ont dû prendre la "décision terrible et douloureuse" de le laisser là.
Elisabeth Revol, qui a regagné la France mardi soir, a été hospitalisée à Sallanches, dans les Alpes françaises. Souffrant de gelures aux mains et au pied gauche, elle y reçoit un traitement particulier pour tenter d'éviter une amputation.

