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Liban - Hydrocarbures Offshore

Tollé libanais contre Lieberman

« Si en Israël les habitants doivent s’abriter, alors lors du prochain conflit avec le Liban, tous les habitants de Beyrouth devront s’abriter aussi », avait menacé le ministre israélien de la Défense.

(photo Bigstock)

Les propos du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, selon lequel l’attribution par le Liban de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore, notamment à la frontière avec Israël, étaient une « provocation », ont suscité un tollé auprès des responsables libanais hier, le président Michel Aoun parlant de « menace » pour le Liban.
Beyrouth a sélectionné en décembre un consortium mené par le géant français Total, et composé de l’italien Eni et du russe Novatek pour exploiter deux des cinq blocs pour lesquels l’appel d’offres a été lancé. L’un de ces blocs longe la frontière maritime entre le Liban et Israël, dont le tracé est contesté par les deux pays qui se disputent un triangle d’environ 860 km2 en Méditerranée.
« Lorsqu’ils (les autorités libanaises) attribuent l’exploitation d’un champ gazier, notamment le bloc 9, qui selon toutes les normes nous appartient, il s’agit d’un comportement très très provocateur », a affirmé hier M. Lieberman, cité par l’agence Reuters. « Les compagnies respectables qui sont concernées par l’attribution de l’exploitation de ces champs gaziers sont, à mon avis, en train de commettre une grave erreur, car cela est contraire à toutes les lois et les protocoles en la matière », a ajouté le ministre israélien dans le cadre d’une conférence sur la sécurité internationale organisée par le centre de réflexion INSS de l’université de Tel-Aviv.

« Menace pour le Liban »
« Les propos de Lieberman sur le bloc 9 constituent une menace pour le Liban et son droit d’exercer sa souveraineté sur ses eaux territoriales », a réagi le président Michel Aoun, dans un message publié sur la page Twitter officielle de la présidence.
Le Premier ministre Saad Hariri, en visite en Turquie, a lui aussi réagi. « Depuis plusieurs jours, des responsables israéliens envoient des menaces au Liban, les dernières étant celles du ministre israélien de la Défense qui a affirmé que le bloc 9 était un bloc israélien et que le Liban a décidé de lancer un appel d’offres malgré cela », peut-on lire dans un communiqué de M. Hariri.
« Les affirmations (de M. Lieberman) sont infondées et s’inscrivent dans le cadre de la politique expansionniste et colonialiste israélienne qui menace les droits des autres et porte atteinte à la sécurité régionale », a poursuivi M. Hariri. « Le gouvernement libanais va suivre cette affaire du point de vue légal avec les instances internationales compétentes pour affirmer son droit à exercer sa souveraineté sur ses eaux territoriales (...). Les propos de Lieberman sont une provocation que le Liban rejette », a conclu M. Hariri.
Le président du Parlement, Nabih Berry, a lui aussi mis en garde contre « les propos dangereux » du ministre israélien de la Défense concernant le bloc 9.
« J’ai déjà dit, dans une lettre adressée à l’ONU le 18 janvier, que le Liban insiste à se défendre et à défendre ses intérêts économiques par tous les moyens possibles et légaux en cas d’agression, et à rendre la pareille », a de son côté rappelé le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, au moment où le ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf, assurait que « le Liban s’accroche à ses droits et défendra ses ressources ». « Le Liban ne se soumet pas aux menaces. Nous confirmons sa souveraineté sur son territoire, ses eaux territoriales et ses ressources pétrolières, dont celles qui se trouvent au bloc 9 », a-t-il ajouté.
Quant au ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, il a tenu un point de presse pour répondre au ministre israélien. « Les propos d’Avigdor Lieberman constituent une agression flagrante contre les droits du Liban. Nous n’accepterons que personne puisse nous imposer des restrictions, et le Liban usera de tous les moyens possibles pour protéger ses ressources pétrolières » et gazières, a-t-il dit, rejetant toute objection israélienne contre les frontières maritimes du Liban.
Le ministre d’État pour la Lutte contre la corruption, Nicolas Tuéni, a accusé Tel-Aviv de chercher à travers ses menaces à « terroriser notre peuple et à provoquer une panique pour que nous vivions comme si nous étions en résidence surveillée par les Israéliens, prisonniers de notre propre gré et tenus de respecter des frontières tracées par la force militaire israélienne ». Selon lui, les menaces israéliennes s’inscrivent dans le cadre d’un « plan durable visant à déstabiliser la situation interne et la sécurité économique et politique du Liban ».
« Les déclarations du ministre de la Guerre du gouvernement de l’ennemi sont une nouvelle expression des convoitises israéliennes concernant les richesses du Liban, sa terre et son eau, et elles rentrent dans le cadre de la politique d’agression contre le Liban, sa souveraineté et ses droits, a répondu le Hezbollah dans un communiqué. Nous soutenons les positions prises par les trois présidents et le reste des responsables libanais contre cette nouvelle agression et nous réaffirmons que nous sommes prêts à riposter à toute agression contre nos droits pétroliers et gaziers et à protéger les richesses du Liban. »
Lundi, le ministre Abi Khalil avait indiqué que le consortium international auquel ont été attribuées les licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore pour le bloc 4 (centre) et le bloc 9 (Sud, à la frontière avec Israël) de la zone économique exclusive (ZEE) libanaise a déposé au ministère de l’Énergie les deux accords signés pour l’exploration et la production de pétrole. Le ministre a de plus déclaré que, conformément aux dispositions du protocole d’appel d’offres permettant aux détenteurs de droits pétroliers d’établir des filiales à 100 %, les deux accords d’exploration et de production ont été dûment signés par Total E & P Liban S.A.L. (établie au Liban et détenue à 100 % par Total S.A.), Eni Lebanon B.V. (établie aux Pays-Bas et détenue à 100 % par Eni International B.V.) et Novatek Lebanon (établie au Liban et détenue à 100 % par JSC Novatek).
Selon le président-directeur général d’Eni, Claudio Descalzi, les premiers forages auront lieu courant 2019, ajoutant que l’exploitation des ressources offshore dans la Méditerranée est « importante pour l’Europe ».

Guerre avec le Liban
En outre, Avigdor Lieberman, un faucon de la droite israélienne, cité par le quotidien israélien Haaretz, a abordé la question récurrente d’une éventuelle guerre avec le Liban, affirmant qu’Israël pourrait être amené à déployer ses soldats sur le terrain libanais.
« Manœuvrer (sur le terrain) n’est pas un objectif en soi. L’objectif est de terminer la guerre. Personne ne cherche des aventures, mais si nous n’avons pas d’autre choix, l’objectif sera de terminer la guerre de la manière la plus rapide et la plus décisive », a expliqué Avigdor Lieberman. « Malheureusement, dans tous les conflits au Moyen-Orient, sans soldats sur le sol, la guerre ne se termine pas », a-t-il estimé. « Ce genre d’opérations requiert des efforts considérables, et nécessite malheureusement des pertes humaines. Toutes les options sont sur la table. Nous devons nous préparer à d’éventuels mouvements sur le sol, même si au final nous pourrions ne pas avoir recours à cela. Mais si c’est le cas, nous le ferons avec toute notre force (...), nous irons de l’avant aussi rapidement que possible », a-t-il poursuivi.
« Nous ne verrons pas des images comme celles provenant de la “deuxième guerre du Liban” (juillet 2006) dans lesquelles on voit des habitants de Beyrouth à la plage, alors que les résidents de Tel-Aviv se trouvaient dans des abris. Si en Israël les habitants doivent s’abriter, alors lors du prochain conflit, tous les habitants de Beyrouth devront s’abriter aussi », a-t-il menacé.

Les propos du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, selon lequel l’attribution par le Liban de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore, notamment à la frontière avec Israël, étaient une « provocation », ont suscité un tollé auprès des responsables libanais hier, le président Michel Aoun parlant de « menace » pour le Liban. Beyrouth a sélectionné en décembre un consortium mené par le géant français Total, et composé de l’italien Eni et du russe Novatek pour exploiter deux des cinq blocs pour lesquels l’appel d’offres a été lancé. L’un de ces blocs longe la frontière maritime entre le Liban et Israël, dont le tracé est contesté par les deux pays qui se disputent un triangle d’environ 860 km2 en Méditerranée.« Lorsqu’ils (les...
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