Diplomatie

Ce sera sans les rebelles et sans les Kurdes à Sotchi

Les bombardements turcs contre Afrin ont poussé les Kurdes à annoncer qu’ils ne se rendraient pas à une réunion sur la Syrie à Sotchi, en Russie. Ozan Kose/AFP

Avant même de commencer, les préparatifs de la réunion de Sotchi n’augurent rien de bon. L’opposition syrienne d’abord, les Kurdes ensuite, ont chacun à son tour, au cours du week-end, annoncé ne plus vouloir participer aux pourparlers censés se tenir dans cette station balnéaire russe de la mer Noire, où plus de 1 600 participants devraient se retrouver aujourd’hui. « Le régime (syrien) mise sur une solution militaire, il ne montre pas de volonté d’engager une négociation politique sérieuse », a expliqué Nasr Hariri, le négociateur en chef du Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes d’opposition. « Ce tour de négociations était un test international pour le régime, et ce test a pris fin hier (vendredi) », a-t-il ajouté samedi matin au cours d’une conférence de presse à Vienne, où a pris fin le neuvième cycle de négociations sous l’égide de l’ONU. Le CNS avait demandé à Moscou de faire pression sur son allié syrien pour obtenir plus de concessions, mais « la Russie n’a pas réussi à promouvoir sa conférence », a souligné sur Twitter un porte-parole du comité, Ahmad Ramadan. 

Certains représentants de l’opposition se sont néanmoins rendus à Sotchi hier, affirmant s’y trouver à « titre personnel ». En Syrie même, plusieurs conseils locaux, comme ceux de Deraa, Quneitra ou Idleb, ont vivement critiqué ces initiatives individuelles, qualifiant tout opposant présent à Sotchi de « traître » et d’« ennemi du peuple ». 

(Lire aussi : Le Liban invité au Congrès du dialogue national syrien à Sotchi)

De leur côté, des responsables kurdes censés participer aux pourparlers ont également indiqué hier ne plus avoir l’intention de s’y rendre, en raison de l’offensive turque contre Afrine depuis plus d’une semaine. « Nous avions dit auparavant que si cette situation persistait à Afrine nous ne pourrions pas être présents à Sotchi », a déclaré à l’AFP une responsable des autorités kurdes, Fawza Youssef. « La Turquie et la Russie sont les garants de Sotchi et ces deux pays se sont mis d’accord sur Afrine (aux dépens des Kurdes), ce qui contredit le principe même de dialogue politique », a encore dit la responsable kurde.

Malgré la présence à Sotchi d’opposants tolérés par Damas, comme Qadri Jamil (parti de la Volonté du peuple), Randa Kassis (Mouvement de la société pluraliste), Ahmad Jerba (Mouvement Syrie de demain) et tant d’autres qui ont appelé les autres groupes de l’opposition à ne pas s’abstenir de se rendre au congrès, l’absence du CNS et des Kurdes remet en question l’idée d’une représentation fidèle de toutes les instances de l’opposition à la table des négociations. Pour nombre de dissidents, la réunion permet la rencontre de personnalités plus ou moins liées à Damas ayant la même vision de l’avenir de la Syrie, et ne reflète pas la réalité ni la diversité des opinions syriennes. La réunion de Sotchi serait stérile, selon eux, et donc inutile. La rumeur selon laquelle le président russe Vladimir Poutine ne compte pas se rendre sur place contribue à ce pessimisme ambiant.




Avant même de commencer, les préparatifs de la réunion de Sotchi n’augurent rien de bon. L’opposition syrienne d’abord, les Kurdes ensuite, ont chacun à son tour, au cours du week-end, annoncé ne plus vouloir participer aux pourparlers censés se tenir dans cette station balnéaire russe de la mer Noire, où plus de 1 600 participants devraient se retrouver aujourd’hui....

commentaires (3)

"Ce sera sans les rebelles et sans les Kurdes à Sotchi". Tant mieux, la prise d'Afrine porte ses fruits. A quand Manbij ? L'ultimatum est lancé ! Erdogan selon le dernier essai qui lui est consacré, je cite :"C'est qu'il a la langue proche du cœur. Il dit ce qu'il pense aussitôt q'il le pense..."

L'ARCHIPEL LIBANAIS

16 h 17, le 29 janvier 2018

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Commentaires (3)

  • "Ce sera sans les rebelles et sans les Kurdes à Sotchi". Tant mieux, la prise d'Afrine porte ses fruits. A quand Manbij ? L'ultimatum est lancé ! Erdogan selon le dernier essai qui lui est consacré, je cite :"C'est qu'il a la langue proche du cœur. Il dit ce qu'il pense aussitôt q'il le pense..."

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    16 h 17, le 29 janvier 2018

  • CE SERA UN TROU DANS L,EAU !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 06, le 29 janvier 2018

  • C'est bien dommage ! Ces 2 camps sont en très mauvaise posture .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 03, le 29 janvier 2018