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Décryptage / Vidéo

Ballade gothique dans un Wonder park...

Exercice technique impressionnant, le clip « Gothic Park » tourné par Karl Hadifé pour ses potes de WonderGaap marque un tournant dans leurs carrières respectives, confirmant leur maîtrise et révélant leur nouvelle maturité.

Karl Hadifé et sa caméra intransigeante.

En 1998, pour la sortie de Snake Eyes avec Nicolas Cage, son réalisateur Brian de Palma s’était vanté d’y avoir tourné le plus long plan-séquence hollywoodien. Un plan-séquence est un plan sans coupe, qui suit des personnages, une action dans différents endroits, avec beaucoup de mouvements de caméra et de personnages. C’est un défi technique pour toute l’équipe de tournage et qui demande maîtrise, professionnalisme ainsi qu’une très grande préparation.
C’est cette technique que le réalisateur de Gothic Park a décidé d’utiliser pour mettre la chanson éponyme en images. Le plan dure donc plus de 4 minutes, aussi long que le nom entier du coupable, Karl Marc Christophe Antoine Hadifé. En dernière année à l’ALBA en section cinéma/réalisation audiovisuelle, ce jeune homme de 20 ans fait montre de beaucoup d’assurance, et il a raison car le résultat est limpide, fluide, léché.




Son premier clip était aussi une illustration du premier morceau de WonderGaap, extrait de leur EP Soda on the Roof, sorti en 2016. Alors que leurs premiers morceaux, comme leurs premiers clips, sentaient bon la fac et les travaux pratiques, cette vidéo fait passer toute l’équipe au niveau supérieur. Le morceau Gothic Park n’est plus un hymne pop bondissant de gratteurs de feux de bois, c’est une chanson plus profonde, avec beaucoup de personnalité, entraînante, que l’on se passe volontiers en boucle depuis sa découverte. Elle respire les briques rouges du nord de l’Angleterre plus que les cèdres libanais, elle inspire plus la balade dans les Highlands que la kazdoura sur la corniche. On y parle plus avec Andy Weatherall qu’avec Ziad Rahbani. Les références gothiques sont assumées, et le look du chanteur, hommage à Robert Smith des Cure, voire à Siouxie et ses Banshees, voire au Joker de Batman, donne un peu plus de personnalité au groupe que leurs tenues bermudas pastel/Adidas des concerts.

Présents tout le long du clip, les quatre membres du groupe ont énormément travaillé et répété pour réussir le challenge proposé par Hadifé. Tourné en une seule nuit dans une maison abandonnée de Beit Chabab, le clip est une visite guidée d’un intérieur banal, habité par les wonderkids qui y mènent une vie pépère. Cette même vie pépère décriée par la chanson qui invite les gens à sortir de leur comfort zone. C’est exactement ce que ces talentueux musiciens ont fait, aidés en cela par un futur diplômé qui peut se rêver un destin à la David Fincher. Du coup, on attend leur album avec impatience, et les clips de la saison 3 de Génération Orient aussi, puisque le jeune réalisateur signe les vidéos de GO depuis la saison 1.


facebook.com/wondergaap
instagram.com/wondergaap


En 1998, pour la sortie de Snake Eyes avec Nicolas Cage, son réalisateur Brian de Palma s’était vanté d’y avoir tourné le plus long plan-séquence hollywoodien. Un plan-séquence est un plan sans coupe, qui suit des personnages, une action dans différents endroits, avec beaucoup de mouvements de caméra et de personnages. C’est un défi technique pour toute l’équipe de tournage...

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