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Lifestyle - Musique

Aux portes du paradis avec signore Rossini

« Petite Messe solennelle », une sacrée musique ou une musique sacrée, reste un percutant morceau d’anthologie au programme d’un concert demain soir.

De gauche à droite, de haut en bas : Rosa Bove, Julien Libeer, Bechara Mouffarej. Francesco Vultaggio, Fabio Centanni, Caterina di Tonno.

Maestro père Toufic Maatouk, entouré de quatre solistes venus de l’étranger – Caterina di Tonno, Rosa Bove, Bechara Mouffarej (qui vit actuellement à Londres) et Francesco Vultaggio – ; deux pianistes, Julien Libeer, Fabio Centanni ; à l’harmonium, Marc Karam ; et douze choristes de l’Université antonine. Tout ce petit monde, en parfaite harmonie, officiant sous le charme de la Petite Messe solennelle composée par Rossini à 71 ans, après 34 ans de vie sabbatique et qui sera jouée demain jeudi 25 janvier à l’Université antonine, dans sa version initiale. Pourquoi tant d’engouement ? Quelle approche ? Quels en sont les moments forts ? Chacun a son mot à dire.

Maestro Maatouk a déjà servi l’œuvre avec un orchestre et un chœur de 80 personnes. Mais cette fois, dit-il, « je suis scrupuleusement la partition de Rossini avec deux pianos, un harmonium, les quatre solistes et douze choristes. J’en vois mieux les grandes lignes et ses influences de Mozart et Haydn. C’est l’occasion d’être au plus proche d’une œuvre d’une très grande beauté sonore ». Si tous les paramètres sont là selon les désirs du compositeur de Semiramis, on précise, juste pour l’anecdote, que le chœur était fait à cette époque de trois sexes, hommes, femmes et castrats… Dieu merci, depuis, les choses ont évolué…
Pour la soprane Caterina di Tonno, il ne s’agit pas de petite messe. Surtout par cette écriture compliquée et imprévisible. Elle chante deux airs et un duo avec un contralto. Rosa Bove surenchérit dans le sens de sa partenaire dans ce quartette de chanteurs. Elle termine avec le finale de l’Agnus Dei, l’inspiration « la moins sacrée musicalement mais très dramatique, très opératique ». Pour elle, c’est une œuvre riche et multiple alliant intimité, grandeur, allure d’opéra et bien sûr la notion de prière.


(Lire aussi : Le « la » de la saison musicale antonine)



Bechara Mouffarej, le ténor libanais qui s’est illustré récemment au festival Beirut Chants par les chants de Noël et qui prépare à l’étranger La Bohème de Puccini, considère que Rossini a donné à chaque voix son plein droit. Tout aussi bien aux solistes qu’au chœur. Et d’ajouter que Rossini, immense musicien, a le talent de donner et de faire ressortir toutes les nuances. Quant à Francesco Vultaggio (bariton-basse), qui fut un remarquable Figaro mozartien à Beyrouth même, il n’hésite pas à dire qu’il s’agit là d’une prière continue. « Chaque note dans cette œuvre est illuminée par Dieu », dit-il. Ce qu’il chante ? Justement Seul Dieu, seul Père…
Côté clavier, deux accompagnateurs haut de gamme. D’abord Julien Libeer, concertiste que les pianophiles libanais ont eu plus d’une fois l’occasion d’applaudir (et de savourer) la musique. « Ce n’est pas mon répertoire, déclare-t-il tout de go. Mais la partition et l’œuvre m’emballent. C’est une messe de chambre, de poche. Après plus de trente ans d’arrêt d’écriture de la musique, Rossini revient au-devant de la scène avec cette œuvre admirable. Elle ne ressemble pas à Rossini… Pour ce qui est du piano, par-delà chromatismes et lignes mélodiques, il y a sans doute un certain intérêt à interpréter cet opus. Je suis curieux de le jouer… » Et que dire du public alors ?

Fabio Centanni, son complice de scène dont le clavier jouxte le sien, accompagnateur émérite, entre autres, de Renatta Scotto, Nathalie Dessay et Jessica Pratt, laisse filtrer, dans un sourire, ces petites confidences : « C’est une messe pas sacrée. Surtout pour l’écriture opératique des airs… Le début est très intime du point de vue religieux. C’est proche de Pergolèse. »
Il ne reste plus qu’à écouter cette petite messe dont tous s’accordent à dire qu’elle n’en est pas tout à fait une !
Mais pour conclure, rapportons ce que Rossini, fin gourmet et impénitent épicurien, a dit à son Créateur, pour le toucher à travers son étincelante musique.

Des propos que l’on rapporte pour placer et commenter une œuvre si controversée mais si unanimement appréciée. La voilà donc cette lettre à Dieu de signore Rossini : « Bon Dieu, la voilà terminée cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opéra buffa, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le paradis. »
Heureux mélomanes, en allant écouter et applaudir cette petite messe, contentez-vous pour le moment de rester aux portes du paradis…

*« Petite messe solennelle » de Rossini au couvent Notre-Dame des Semences à l’Université antonine. Demain jeudi 25 janvier, à 20h30. En collaboration avec l’Institut culturel italien.



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commentaires (1)

L’invisible et la spiritualité donnent une valeur à l'existence... Ohhh Musique ....Amour, Beauté, Passion ...diluées dans un calice...au service du Divin.

Sarkis Serge Tateossian

15 h 10, le 24 janvier 2018

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Commentaires (1)

  • L’invisible et la spiritualité donnent une valeur à l'existence... Ohhh Musique ....Amour, Beauté, Passion ...diluées dans un calice...au service du Divin.

    Sarkis Serge Tateossian

    15 h 10, le 24 janvier 2018

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