Mercredi, des frappes aériennes russes ont tué 29 civils dans la Ghouta orientale, 20 d’entre eux étant morts dans la ville de Misraba (photo), selon l’OSDH. Sept enfants, onze femmes et un secouriste figurent parmi les victimes, les raids ayant également fait des dizaines de blessés. Hamza el-Ajweh/AFP
Le régime syrien menait hier des combats dans la Ghouta orientale pour briser le siège d'une de ses bases militaires, encerclée par des groupes rebelles et jihadistes, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « De violents combats se déroulent près de la Direction des blindés, la seule base militaire du régime dans la Ghouta orientale », au sud de la ville de Harasta, a ainsi indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. La base, située à la périphérie de la Ghouta orientale, avait été encerclée en début de semaine après une offensive menée notamment par Tahrir al-Cham, coalition jihadiste dominée par l'ex-branche d'el-Qaëda en Syrie (le Front al-Nosra), toujours selon l'OSDH. « Des unités de l'armée ont lancé un assaut pour briser le siège de la Direction des blindés », où seraient pris au piège plus de 250 militaires, a confirmé la télévision étatique syrienne.
Dernier fief de la rébellion près de Damas, la Ghouta orientale est elle-même assiégée par les troupes du régime depuis 2013. Touchés au quotidien par de graves pénuries alimentaires et médicales, les quelque 400 000 habitants de la Ghouta orientale ont aussi appris à vivre sous les bombardements. Mercredi encore, 29 civils ont été tués dans des bombardements sur la région, 20 d'entre eux étant morts dans la ville de Misraba, visée par des frappes aériennes menées par la Russie – qui soutient le régime du président Bachar el-Assad –, selon un bilan fourni par l'OSDH. Sept enfants, onze femmes et un secouriste figurent parmi les victimes, selon l'Observatoire, qui fait état également de dizaines de blessés.
Dans un hôpital de Douma, grande ville de la Ghouta orientale, un correspondant de presse a vu des secouristes acheminer des blessés de Misraba, pour la plupart des femmes et des enfants. L'hôpital a dû rappeler des médecins qui étaient en congé « en raison du grand nombre de victimes », selon une source médicale. Selon M. Abdel Rahmane, les « frappes aériennes russes ont visé des immeubles d'habitation à Misraba », une ville contrôlée par le puissant groupe rebelle Jaych el-Islam. « Depuis plus d'un mois, le régime concentre ses troupes, en particulier sur nos fronts, pour attaquer la Ghouta », a assuré Mohammad Allouche, un haut responsable de Jaych el-Islam.
Les pertes russes s'aggravent
Hier également, Moscou a annoncé la mort, en Syrie, de deux pilotes russes dans une attaque au mortier à la veille du Nouvel An. « Alors que la nuit tombait, la base aérienne de Hmeimim a subi une soudaine attaque au mortier d'un groupe mobile de militants » au cours de laquelle « deux militaires ont été tués », a ainsi indiqué le ministère russe de la Défense. Mercredi, le ministère avait déjà annoncé la mort, le 31 décembre également, de deux pilotes dans le crash accidentel de leur hélicoptère, alors qu'ils faisaient route vers Hama. Ces décès portent à 44 le nombre de militaires russes tués depuis le début de l'intervention militaire de la Russie en Syrie, le 30 septembre 2015.
Parallèlement, le ministère russe de la Défense a démenti avec fermeté des informations « fausses » du quotidien russe Kommersant, selon lesquelles sept avions militaires ont été « pratiquement détruits » dans l'attaque contre la base de Hmeimim. La sécurité a été accrue après l'attaque, a précisé le ministère. Kommersant, citant deux sources militaro-diplomatiques, avait fait état mercredi de la destruction de quatre bombardiers, deux chasseurs, un avion de transport ainsi que d'un dépôt de munitions, soit les pertes matérielles les plus lourdes de l'aviation russe depuis le début de son intervention en Syrie.
Sur le plan diplomatique, le président français Emmanuel Macron a déclaré, hier, que la crise syrienne ne pouvait être réglée par « quelques puissances » seulement, dans une allusion au processus d'Astana associant la Russie, l'Iran et la Turquie. « Nous devons sortir de postures morales qui parfois nous "impuissantent", mais nous devons aussi sortir de concessions faites à certaines puissances qui pensent qu'à quelques-uns, reconnaissant une partie d'une opposition désignée depuis l'extérieur, ils pourraient régler de manière stable et durable la situation en Syrie », a-t-il dit, lors des vœux au corps diplomatique à Paris.
Sources : agences

