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Agenda - Hommage À Samira Dahdah

Andiamo, cheikha !

Je la revois sur le perron de son élégante maison de la rue Gouraud, m'accueillant à bras ouverts, ou assise dans son salon aux murs roses sous une majestueuse toile de saint Jérôme qui me donnait des frissons quand j'étais enfant... Un verre de whisky à la main, racontant une énième blague, entre deux éclats de rire. Surtout, ne lui parlez pas de politique, ni de rien de sérieux, ce n'est pas bon pour le moral... « Et le moral, ça va, charchour ? » me demandait-elle encore une fois au téléphone. « Passe me voir quand tu seras au Liban, je t'attends ! » Voilà que je t'ai manquée à quelques jours près, tante Samira.
Avec ta disparition, c'est un peu de l'âge d'or de ce vieux Beyrouth qui s'en va, des souvenirs espiègles à l'école italienne de Ras Beyrouth aux soirées mondaines de la Belle Époque, en passant par la piscine du Saint-Georges et les festivités du ministère du Tourisme où tu travaillais. Coquette jusqu'au bout des ongles, fière, éternelle optimiste, même dans les pires moments, insouciante, à l'image de ce Beyrouth d'avant-guerre qui sentait bon la joie de vivre, le disco et le soleil. Et puis, tante, raconte-moi encore une fois le jour où tu as reçu Dalida, elle t'a embrassée à sa descente d'avion, et puis Joe Dassin, sa copine avait un petit chien... Que de souvenirs et d'émotions !
J'espère que les énormes palmiers que tu as plantés dans ton jardin continueront de dominer la rue Gouraud en souvenir de toi et surtout, où que tu sois, j'espère que la fête bat son plein, et qu'on te sert un bon whisky !

 

Je la revois sur le perron de son élégante maison de la rue Gouraud, m'accueillant à bras ouverts, ou assise dans son salon aux murs roses sous une majestueuse toile de saint Jérôme qui me donnait des frissons quand j'étais enfant... Un verre de whisky à la main, racontant une énième blague, entre deux éclats de rire. Surtout, ne lui parlez pas de politique, ni de rien de sérieux, ce n'est pas bon pour le moral... « Et le moral, ça va, charchour ? » me demandait-elle encore une fois au téléphone. « Passe me voir quand tu seras au Liban, je t'attends ! » Voilà que je t'ai manquée à quelques jours près, tante Samira.Avec ta disparition, c'est un peu de l'âge d'or de ce vieux Beyrouth qui s'en va, des souvenirs espiègles à l'école italienne de Ras Beyrouth aux soirées mondaines de la Belle Époque, en passant...