L'ancien président de la République, Michel Sleiman, a mis l'accent hier sur « la nécessité d'aborder la question palestinienne sous tous ses angles sans se contenter de communiqués et de slogans ronflants ».
M. Sleiman, qui a reçu hier l'ambassadeur du Yémen, Abdallah Daïss, le conseiller près l'ambassade d'Égypte Jawad Sami et le député Ghazi Aridi, a critiqué « certains comportements qui sortent de l'ordinaire, tels que les agressions contre les biens-fonds et le fait de paralyser l'activité des gens, et qui portent atteinte à la cause palestinienne juste ».
« Ce qui peut servir le plus la cause palestinienne, c'est le soutien aux habitants arabes de Jérusalem par tous les moyens pacifiques et légitimes, afin de consolider leur présence dans leur ville sainte », a indiqué l'ancien chef d'État.
« Cela est de nature à faire échec à tous les plans visant à judaïser Jérusalem, et à préserver la ville comme capitale de toutes les religions révélées. Aussi convient-il de rechercher sérieusement les moyens de créer une caisse arabe ou un groupe international de soutien à Jérusalem et à ses habitants », a noté Michel Sleiman, avant de conclure : « Abandonner la terre facilitera sa judaïsation. »
Le PNL propose deux solutions
De son côté, le conseil supérieur du Parti national libéral (PNL), réuni hier sous la présidence de son chef, le député Dory Chamoun, a réitéré son refus de la décision du président des États-Unis, Donald Trump, concernant le statut de Jérusalem.
Dans un communiqué publié à l'issue de cette réunion, le PNL a salué « la position internationale quasi unanime en faveur de la préservation des faits historiques et des résolutions internationales, qui sont aux antipodes de la décision américaine ».
« Ces résolutions considèrent que Jérusalem est occupée et que son statut doit être tranché par le biais de négociations définitives sous l'égide de l'ONU. Sans oublier la symbolique de Jérusalem pour les religions révélées, ce qui nécessite l'adoption de l'une de ces deux solutions : soit considérer Jérusalem comme ville ouverte, soit avancer vers la solution des deux États qui transforme Jérusalem-Est en capitale de la Palestine indépendante », ajoute le communiqué du PNL.
« Pour parvenir à ce résultat, il convient de coordonner au plus haut niveau et d'être prêt à prendre des mesures pratiques dissuasives, sans se contenter de déclarations. Ce qui nécessite de faire participer tous les pays qui s'opposent à la décision américaine dans le cadre d'un plan qui conduirait à la reconnaissance de l'État de Palestine dont la capitale serait Jérusalem-Est, afin de pousser vers une paix juste et globale au Moyen-Orient », conclut le PNL.
Le PCL exige la fermeture de l'ambassade US
Le bureau politique du Parti communiste libanais (PCL) a lui aussi réitéré sa condamnation de la décision de Donald Trump, qui prouve que les États-Unis sont « non seulement les ennemis de la cause palestinienne, mais aussi de tous les peuples aspirant à disposer d'eux-mêmes ».
Saluant les manifestations populaires organisées au Liban, notamment devant l'ambassade des États-Unis à Aoukar, le PCL a appelé à ce qu'elles se poursuivent et s'intensifient. Il a également appelé l'État libanais à mettre fin à tous les programmes de coordination avec les États-Unis, notamment avec l'armée libanaise, et à la fermeture de l'ambassade américaine au Liban.
Il convient de signaler que des manifestations hostiles à la décision de M. Trump ont été encore organisées hier dans différentes villes et localités libanaises, ainsi que dans certains camps palestiniens. Un rassemblement a notamment été organisé à Beyrouth par des associations libanaises et palestiniennes devant les locaux de l'Escwa, et un autre par le Mouvement de l'unification islamique (MUI) à Tripoli.
Sur un autre plan, l'on apprenait hier que six des personnes arrêtées (dont un mineur) après la manifestation devant l'ambassade des États-Unis ont comparu hier devant le tribunal militaire. Les six personnes –
deux Libanais, deux Palestiniens et un Syrien – sont accusées d'agressions contre les forces de l'ordre et d'atteinte aux biens-fonds publics et privés. L'avocat de la défense, fourni par le tribunal militaire, a clamé leur innocence.


