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Espagne: début d'un méga-procès pour corruption en Andalousie

AFP
13/12/2017

Le procès d'un des plus vastes scandales de corruption de l'histoire récente d'Espagne, pour détournement présumé de centaines de millions d'euros par le gouvernement socialiste de la région méridionale d'Andalousie, s'est ouvert mercredi à Séville.

Vingt-deux anciens hauts responsables de la région la plus peuplée d'Espagne, dont les anciens présidents régionaux Manuel Chaves et José Antonio Griñan, se sont assis sur le banc des accusés.
Le ministère public les accuse de malversations à hauteur de 741 millions d'euros, entre 2000 et 2011, dans la gestion d'un fonds destinés à financer les plans de licenciement dans des sociétés en difficulté, connus en Espagne sous l'abréviation ERE.

Les rivaux des socialistes, à commencer par le Parti populaire au pouvoir à Madrid lui-même éclaboussé par de nombreux scandales de corruption, présentent cette affaire comme un exemple flagrant du clientélisme qui a permis selon eux au Parti socialiste (PSOE) de gouverner l'Andalousie sans interruption depuis 1982.

Le PSOE réplique que dans "le scandale des ERE" les fonds détournés n'ont pas servi à financer le parti, contrairement à des affaires impliquant le PP.
Le fonds devait financer les indemnités de licenciement et le reclassement des employés licenciés. Mais les paiements, selon l'accusation, ont été faits par une structure créée pour contourner les contrôles administratifs.

Des centaines de millions auraient ainsi été versés de façon discrétionnaire à certaines sociétés, des dessous de table payés, et des tiers sans lien avec les entreprises concernées auraient même bénéficié d'indemnités.
Le procureur a requis 10 ans d'inéligibilité pour Manuel Chaves, président d'Andalousie de 1990 à 2009, et six ans de prison avec 30 ans d'inéligibilité pour son successeur José Antonio Griñan, contraint à la démission en 2013.

Cette affaire "illustre la façon dont le Parti socialiste gouverne l'Andalousie, qui lui a permis de consolider un solide réseau de clients", a déclaré à la presse la députée d'extrême gauche Inmaculada Nieto, résumant le sentiment général sur la portée politique du procès alors que son parti Izquierda Unida (Gauche unie) a gouverné en coalition avec Griñan en 2012 et 2013.
L'interrogatoire des accusés ne commencera pas avant le 9 janvier.

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