Le président français Emmanuel Macron déposant le « crayon des enchantements » sur le cercueil de Jean d’Ormesson. François Mori/AFP
Un simple crayon à papier, « le crayon des enchantements », posé par le président Emmanuel Macron sur le cercueil orné du drapeau français de Jean d'Ormesson : c'est l'image que l'on retiendra de l'hommage national à l'écrivain, hier, aux Invalides.
Le chef de l'État répondait à un vœu de l'écrivain, qu'il a cité : « À l'enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de (Gaston) Defferre, un chapeau, moi je voudrais un crayon, pas d'épée, pas de croix, un simple crayon à papier. » Et Emmanuel Macron d'ajouter : « Du moins puis-je vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous avez voulu y voir : un simple crayon, le crayon des enchantements. Qu'il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude et de notre souvenir. »
La famille de l'écrivain, de nombreux membres de l'Académie française dont il était le doyen d'élection après en avoir été le benjamin, les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, des ministres, des dizaines de personnalités du monde de la culture et de la politique ont assisté à cette cérémonie qui avait été précédée d'une messe en la cathédrale Saint-Louis des Invalides toute proche.
« Qu'est-ce que je deviens... »
Après la marche funèbre entonnée par l'orchestre de la garde républicaine, la Marseillaise a retenti avant que le pianiste Karol Beffa joue un concerto pour piano de Mozart. Porté par des gardes républicains, le cercueil a quitté la cour d'honneur des Invalides, suivi par les membres de sa famille et le couple présidentiel, sur les notes du violon de Renaud Capuçon. La dépouille mortelle de Jean d'Ormesson sera incinérée « plus tard » dans l'intimité, a confié sa famille.
Jeudi soir, sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson, a présenté à la télévision les ultimes mots écrits par son père : « Une beauté pour toujours. Tout passe. Tout finit. Tout disparaît. Et moi qui m'imaginais devoir vivre pour toujours, qu'est-ce que je deviens ? (...) Que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi. »
Alain JEAN-ROBERT/AFP

