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Liban

Geagea : Les voies de communication sont rouvertes avec Hariri

Partis

Pour le chef des FL, la campagne contre son parti est l'œuvre d'« adversaires qui veulent supprimer le dernier carré de résistance réelle contre le projet du 8 Mars ».

OLJ
02/12/2017

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a mis les points sur les i concernant son rôle présumé auprès de l'Arabie saoudite dans la démission-surprise du Premier ministre Saad Hariri à Riyad, le 4 novembre dernier.
Des points qu'il a évoqués dans une interview accordée à l'agence locale al-Markaziya, il ressort que les rapports entre les Forces libanaises et le Courant patriotique libre (CPL), fondé par le général Michel Aoun, restent au plus mal, contrairement aux liens en voie de « replâtrage » avec le courant du Futur.
Le soin pris par Samir Geagea pour minimiser l'impact des propos tenus la veille par le Premier ministre au sujet des armes du Hezbollah est, dans ce contexte, on ne peut plus éloquent. Dans une interview accordée à Paris Match, et publiée jeudi, M. Hariri avait établi une distinction entre les rôles politique et militaire du parti de Hassan Nasrallah, en soutenant que le parti chiite « n'utilise pas ses armes sur le sol libanais », ce qui a eu pour effet immédiat de braquer certains milieux politiques et de soulever une polémique dans le pays.
« Les pourparlers en cours tendent à renflouer le compromis politique (qui avait permis d'élire Michel Aoun à la tête de l'État et de former un gouvernement d'union nationale) dans le sens d'une distanciation effective qui s'articulera autour d'un point fondamental, à savoir ne pas se mêler des conflits dans la région. C'était, à la base, une de nos revendications », a déclaré Samir Geagea à al-Markaziya, en précisant que dans l'entourage des présidents de la République et du Conseil, on soutient que « le Hezbollah est sérieux concernant la distanciation » du Liban par rapport aux crises dans la région, c'est-à-dire plus précisément à son désengagement du Yémen, de Bahreïn, de l'Irak et de Syrie. « Notre position définitive sera cependant tributaire du texte du compromis, en voie d'élaboration entre les deux présidences de la République et du Conseil », selon le chef des FL, qui a ajouté : « La France et l'Arabie saoudite y sont associées, du moment que la distanciation n'est pas une affaire strictement libanaise puisqu'elle a trait à la situation dans la région en général et parce qu'un compromis de cette nature a besoin d'un garde-fou extérieur. »
M. Geagea a rejeté ensuite en vrac les accusations qui avaient été portées contre les FL, selon lesquelles ce seraient elles qui auraient encouragé l'Arabie saoudite à user de pressions sur Saad Hariri pour l'amener à démissionner et à dénoncer les ingérences du Hezbollah dans les pays de la région. Il les a désignées comme une « hérésie », en insistant sur le fait que Riyad est parfaitement au courant de ce qui se passe au Liban.
Concernant la campagne menée à cause de cela contre son parti et sa propre personne depuis la démission de Saad Hariri, M. Geagea en a attribué la responsabilité aux formations politiques « lésées par les positions des FL en faveur de la souveraineté libanaise et de la transparence au niveau de la gestion des affaires publiques ». Il a évoqué dans ce cadre « un vieux cumul », affirmant que les auteurs de cette campagne ont pris pour cible son parti « parce qu'il s'est opposé au sein du gouvernement aux atteintes à la souveraineté nationale, lesquelles, si elles avaient été réglées au moment même, nous auraient épargné la crise actuelle, notamment les tentatives de normalisation avec la Syrie ». Un autre élément qui aurait motivé cette campagne, toujours selon M. Geagea, est « l'attachement des ministres FL au respect de la transparence et leur insistance à faire appliquer la procédure régulière dans la gestion des affaires publiques », en allusion en particulier au feuilleton de la location de bateaux-centrales.

Résistance contre le projet du 8 Mars
M. Geagea n'a pas voulu nommer ses détracteurs, se contentant de dire qu'il s'agit d'« adversaires qui se sont fixé pour objectif de supprimer le dernier carré de résistance réelle contre le projet du 8 Mars ». Il s'est dit « consterné parce que certains alliés font preuve d'indulgence et que d'autres ne seraient pas dérangés de voir les FL hors jeu ».
Concernant ses rapports avec le courant du Futur, il a reconnu qu'ils sont passés par une phase « trouble » durant le séjour de Saad Hariri à Riyad, à cause justement des rumeurs sur une implication des FL dans la démission, mais que tout est rentré en ordre après le retour de ce dernier à Beyrouth. « Les voies de communication se sont rouvertes », a-t-il dit, avant d'annoncer qu'il va bientôt se rendre auprès du chef du gouvernement.
Samir Geagea n'a pas voulu prendre position concernant les propos de M. Hariri au sujet des armes du Hezbollah, se contentant de les commenter en ces termes : « Mon opinion personnelle est qu'en évoquant les tentatives de renflouer le compromis politique, c'est-à-dire la distanciation et les armes du Hezb, il a essayé de dire que celles-ci ne seront pas utilisées pour le moment sur le sol libanais. Il n'a pas dit qu'elles ne l'ont pas été, parce qu'elles ont été employées des dizaines de fois sur la scène locale. »
S'il s'est étendu sur ses rapports avec le courant de Futur et Saad Hariri, M. Geagea a abordé laconiquement ses relations avec le président de la République et le CPL. Il s'est contenté de les décrire comme étant « officielles » et « normales ». Mais bien que laconique, il s'est montré extrêmement critique vis-à-vis de son allié chrétien. « Au sein du CPL, certains croient que les FL ont commis dans le passé un péché énorme sans qu'on sache lequel. Si l'on souhaite que tout le monde s'aligne derrière une seule personne pour l'ovationner et ne plus se permettre aucun avis, il faut comprendre que cela est impossible dans une société qui jouit d'un minimum de démocratie », a-t-il avancé, avant de critiquer l'interpellation et la détention de journalistes « qui nous rappellent une époque révolue », en allusion à l'occupation syrienne.
Le chef des FL a par ailleurs exclu tout remaniement ministériel qui toucherait ses ministres, affirmant que personne n'a abordé cette question avec lui.

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