Un Syrien inspecte les dégâts causés par les bombardements du régime sur la ville de Misraba dans la région de la Ghouta, hier. Amer Almohibany/AFP
Des tirs d'artillerie de l'armée syrienne appuyée par l'aviation russe ont fait 23 morts et plusieurs blessés hier, dans l'enclave rebelle assiégée de la Ghouta, à l'est de Damas, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Depuis le début de l'offensive gouvernementale il y a deux semaines, 127 personnes dont 30 enfants ont été tués dans la Ghouta orientale, estime l'OSDH, organisation basée à Londres qui rend compte du conflit en Syrie grâce à un réseau sur place. Cette région rurale fait partie des quatre zones de « désescalade » prévues par un accord conclu en juillet à l'initiative de la Russie qui a permis à l'armée syrienne de se redéployer là où elle entendait gagner du terrain. Malgré cela, le régime a intensifié depuis la mi-novembre ses frappes contre cette région – où quelque 400 000 habitants sont confrontés à de graves pénuries de nourriture et de médicaments –, après une attaque des rebelles contre une base militaire dans le même secteur.
Hier, de violents bombardements aériens du régime contre les localités de Misraba et de Madira ont tué 21 civils, tandis que des tirs d'artillerie sur la ville de Douma ont fait deux morts, selon l'OSDH. « Le bilan pourrait être revu à la hausse en raison de blessés graves », a précisé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane. Les raids meurtriers qui ont visé la Ghouta ces deux dernières semaines ont fait plus d'une centaine de morts, selon la même source. En représailles à ces frappes, les rebelles ont tiré des obus et des roquettes sur la capitale, faisant plusieurs morts. L'ONU a récemment tiré la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire dans la Ghouta, qualifiée « d'épicentre de la souffrance » en Syrie par un responsable onusien. Les gens y sont contraints de manger des ordures ou du fourrage pour bétail, dit l'ONU.
Ailleurs en Syrie, six bombardiers russes partis de Russie ont frappé des cibles de l'État islamique, hier, dans la province syrienne de Deir ez-Zor, pour la quatrième journée consécutive, selon le ministère russe de la Défense à Moscou. L'armée syrienne a repris mi-novembre à l'EI la ville de Boukamal, dernière place forte de l'EI en Syrie, mais les forces gouvernementales continuent de livrer combat dans la vallée de l'Euphrate, avec l'appui de Moscou.
Sources : agences


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