Une image filmée par les caméras de surveillance, montrant l’agression qui a entraîné la mort de Georges Rif.
Tarek Yatim, l'assassin de Georges Rif, qu'il avait frappé à mort le 16 juillet 2015 dans une impasse de Gemmayzé pour une priorité de passage, a été condamné à mort, hier, par la cour criminelle de Beyrouth.
Le verdict n'a été rendu qu'à la majorité des membres de la cour, présidée par Tarek Bitar et formée de Fatmé Maged et Mireille Malak. Cette dernière a ainsi désapprouvé la décision des deux autres magistrats de refuser au meurtrier les circonstances atténuantes, qui auraient conduit à le condamner aux travaux forcés à perpétuité et non à la peine de mort.
Pour mémoire, suite à un moratoire tacite, la peine capitale n'est pas appliquée au Liban depuis 2004 et est donc pratiquement commuée à des travaux forcés lorsqu'elle est prononcée.
Dans ses motifs, la cour criminelle a évoqué « la férocité des actes qui ont conduit au décès de la victime, férocité mise en évidence par les passages de la vidéo (tirées des caméras de surveillance) ». Elle a estimé que « les coups portés au moyen d'un couteau à la tête et à la figure de façon rude, violente et répétée, ainsi que les coups de pied à la tête constituent une preuve que l'intention du prévenu était de mettre un terme à la vie de la victime ». Le jugement souligne en outre que « les médecins spécialistes, qui ont examiné le prévenu, ont affirmé à l'unanimité qu'il était conscient de ce qu'il faisait en commettant le crime ».
Tarek Yatim a été en outre condamné à verser 450 millions de livres libanaises de dommages-intérêts à la famille de la victime, tandis que sa compagne, Lina Haïdar, qui conduisait le véhicule à bord duquel il se trouvait lorsque l'altercation ayant précédé le crime a eu lieu, a été acquittée. Elle avait été appréhendée dans le cadre de l'enquête pour avoir aidé le meurtrier à fuir et l'avoir hébergé, mais a été par la suite libérée sous caution d'élection de domicile.
Pour ce qui est des faits à l'origine du drame, Georges Rif, accompagné de sa femme Roula, conduisait sa voiture sur la route de l'aéroport, lorsqu'un autre véhicule (une Kia) tente de le doubler de manière agressive, à l'entrée du tunnel Salim Salam. Mais Georges Rif refuse de lui céder le passage, poussant la conductrice de la Kia, Lina Haïdar, à cogner volontairement son véhicule et à le dépasser, encouragée en cela par l'homme qui l'accompagnait à bord, Tarek Yatim. Georges perd alors le contrôle de sa voiture qui touche un mur du tunnel, mais il continue de rouler, poursuivant la Kia afin de relever le numéro de sa plaque d'immatriculation, jusqu'à atteindre une ruelle de Gemmayzé qui se révèle être une impasse. La suite est connue : Tarek Yatim sort de son véhicule, fonce vers la voiture de Georges Rif, l'en extirpe, avant de le rouer de coups pendant de longues minutes, puis de fuir les lieux, tandis que sa victime gisait dans une mare de sang.


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"présidée par Tarek Bitar et formée de Fatmé Maged et Mireille Malak. Cette dernière a ainsi désapprouvé la décision des deux autres magistrats de refuser au meurtrier les circonstances atténuantes, qui auraient conduit à le condamner aux travaux forcés à perpétuité et non à la peine de mort." Décidément, Mme Mireille! Quelles circonstances atténuantes, s'il vous plaît? Tarek Yatim était-il en état de légitime défense? Un conflit sur une priorité de passage devrait être résolu par quelques gifles, tout au plus, et non par ce qu'a fait cet animal de Tarek Yatim!
09 h 42, le 23 novembre 2017