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Liban

Seule une grave secousse sécuritaire pourrait remettre en question les élections

Table ronde de « L’OLJ » sur les législatives

Toutes les parties politiques veulent que les législatives se tiennent, assurent à l'unisson MM. Fatfat, Aoun et Kostanian, lors d'une conférence organisée par « L'OLJ ».

13/11/2017

La récente démission du Premier ministre, Saad Hariri, a remis sur le tapis la question des élections législatives, prévues en mai 2018. Les élections risquent-elles d'être reportées, sachant que les dernières législatives ont eu lieu en 2009 et que le Parlement s'est déjà autoprorogé trois fois ? Sinon, les programmes électoraux des uns et des autres seront-ils à la hauteur ? Autant de questions débattues lors de la conférence « Législatives : enjeux stratégiques et potentiel de réforme » organisée samedi dernier par L'Orient-Le Jour au Club de la presse et qui a réuni les députés Ahmad Fatfat (Futur) et Alain Aoun (CPL), ainsi qu'Albert Kostanian, membre du bureau politique Kataëb, Karim Bitar, politologue proche de la société civile, Vicky Zwein, membre fondatrice du parti Sabaa, et Ayman Mehanna, secrétaire général du Renouveau démocratique. Invités, la secrétaire générale des Forces libanaises, Chantale Sarkis, et un représentant du mouvement Amal n'ont pu être présents à la table ronde pour des considérations d'ordre familial et personnel, respectivement.
Le débat a été dirigé par notre collègue Jeanine Jalkh qui a notamment souligné que l'une des voies à suivre pour sortir le pays du marasme actuel est la neutralité à l'égard des conflits régionaux et la mise en place d'un « État rassembleur, garant des droits de toutes les composantes de la société ».
D'entrée de jeu, les représentants des partis, MM. Fatfat, Aoun et Kostanian, ont affirmé à l'unisson que toutes les factions politiques veulent que les législatives aient lieu. « Nous nous dirigeons vers des législatives qui auront lieu en temps dû », indique Alain Aoun tout en insistant sur la nécessité de « connaître d'abord le sort de Hariri et celui du gouvernement ».
M. Fatfat ne voit pour sa part « aucun motif constitutionnel qui empêcherait la tenue des élections. Seule une grande catastrophe sécuritaire pourrait les retarder ». « Les législatives auront lieu parce que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l'a assuré dans un de ces derniers discours. Il est celui qui a l'autorité suprême dans le pays aujourd'hui », lâche M. Fatfat, tout en prônant une neutralité « totale » du Liban face aux événements qui secouent la région. « Sans neutralité totale, nous allons vers un suicide national », estime-t-il.
« Si les élections sont employées comme outil de confrontation, je crains alors qu'elles n'aient pas lieu », lance pour sa part M. Kostanian. Pour Karim Bitar « tenir des législatives, c'est bien, encore faut-il qu'elles permettent un renouvellement politique ». Ayman Mhanna est, quant à lui, beaucoup plus pessimiste. « Connaissant la majorité des députés, je ne sais pas s'ils arriveront à nous surprendre et éviter de proroger leur mandat encore une fois », déclare-t-il.
Concernant la question des programmes électoraux, M. Kostanian et Mme Zwein s'accordent à dire qu'il est nécessaire d'y aborder la question des armes du Hezbollah. « Un programme qui n'aborderait pas les armes du Hezbollah serait une aberration », déclare M. Kostanian. « La question des armes du Hezbollah doit faire l'objet d'un dialogue national », rétorque Vicky Zwein. Ahmad Fatfat insiste pour sa part sur la nécessité du respect des programmes électoraux, « car tout le monde les oublie une fois les élections terminées ».

« Risque de fractionnement de la société civile »
Qu'en est-il des alliances politiques, qui pourraient être revues à l'ombre des derniers développements ? « Nous sommes face à une nouvelle loi électorale qui change la donne au niveau des alliances politiques », souligne Alain Aoun. Albert Kostanian confie que les Kataëb cherchent à nouer des alliances avec, entre autres, « des réformistes qui font partie de la société civile mais qui ont des bases souverainistes ». M. Fatfat met quant à lui en garde contre le « risque de fractionnement de la société civile en faveur des partis traditionnels ». Ce à quoi Vicky Zwein répond, insistant sur le fait que « la société civile ne se soucie pas de savoir qui va gagner dans ses rangs ».
« Tant qu'on a des alliances contre nature, les programmes politiques seront illusoires. Le système politique du Liban est à bout de souffle. Il tient grâce à l'ingéniosité malfaisante de ceux qui le font », souligne pour sa part Karim Bitar qui appelle à « changer la praxis politique au Liban ».
Les électeurs ont également eu leur lot dans le débat, notamment ceux de la diaspora qui pourront voter en 2018 à partir de leur lieu de résidence. « Pour la première fois, la diaspora libanaise aura droit à la parole sans avoir à se déplacer », se félicite Alain Aoun. Ayman Mhanna demande pour sa part que les expatriés « soient liés au développement du Liban et rassurés ».
Fort de ses contacts avec les expatriés australiens, Ahmad Fatfat estime que ces derniers sont au courant de tout ce qui se passe dans le pays. « Il faut les traiter comme les autres Libanais. Ils sont sensibles aux questions libanaises actuelles », souligne-t-il.
« Il est important de s'intéresser aux Libanais de l'étranger qui ont l'indépendance nécessaire pour soutenir le mouvement pour un nouveau Liban », conclut Karim Bitar.

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Henrik Yowakim

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