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Moyen Orient et Monde

« Pourquoi le pape ne parle pas du Liban ? »

Table ronde
A.S. | OLJ
06/11/2017

L'heure était un peu tardive, mais le débat n'en était pas moins stimulant. Dans le cadre de la 24e édition du Salon du livre francophone de Beyrouth, une table ronde animée par l'avocate Lina Zakhour réunissait l'ancien rédacteur en chef et aujourd'hui éditorialiste de L'Orient-Le Jour, Issa Goraieb, le rédacteur en chef du mensuel Magazine, Paul Khalifé, et le sociologue Dominique Wolton, pour discuter du dernier ouvrage de ce dernier, Pape François. Rencontre avec Dominique Wolton. Politique et société. Si le dialogue inédit entre le sociologue laïc et le pape du monde catholique a été salué par l'ensemble des participants, ces derniers n'ont pas manqué de souligner certains de ses écueils. Prenant la parole en premier, Issa Goraieb s'est montré incisif sur la question des réfugiés – le cheval de bataille du souverain pontife – en témoignant de « sa déception, de son étonnement, de ne pas trouver de place dans les préoccupations du pape pour les pays qui ne peuvent pas se permettre autant de compassion et pour qui la question de l'accueil des réfugiés devient un problème existentiel ». Il mettait ici le doigt sur ce qui lui semblait être un manquement dans le livre : le fait que le pape ne parle à aucun moment du Liban et de ses difficultés. Paul Khalifé a considéré, quant à lui, que le livre permettait de faire le portrait d'un pape serein, mais tourmenté par l'état du monde, tout en soulignant à son tour la difficulté de transposer en politique les recommandations papales. « Que propose-t-il quand il n'est pas possible de construire des ponts ? Que propose-t-il, par exemple, face à Daech ? » a demandé M. Khalifé.


Ouvert à la critique et prenant plaisir à discuter de ce rapport entre le religieux et le politique dans un pays où la question est fondamentale, Dominique Wolton a rappelé que le pape avait dit ce qui n'avait jamais été dit par l'Église auparavant, à savoir qu'il n'y a pas de « guerre juste ». Autrement dit, qu'aucune guerre ne peut avoir de légitimité religieuse. Une « rupture radicale », qui, dans le contexte actuel de la région, vaut tout de même son pesant d'or.

 

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