Heureusement, la Française Audrey Azoulay l'a emporté (30 voix contre 28) face au Qatari Hamad al-Kawari. Elle remplacera donc la Bulgare Irina Bokova à la tête de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).
Mais si le Qatar n'avait pas été dans le collimateur de l'Arabie saoudite, de Bahreïn, de l'Égypte et des Émirats arabes unis, qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec le petit émirat du Moyen-Orient, qui sait, M. Kawari aurait peut-être eu le dessus. Dans quatre ans, quand il faudra remplacer Mme Azoulay, il suffira au Qatar d'arroser un peu plus généreusement certains pays pauvres en « gazodollars » pour espérer passer. Et si les États-Unis et Israël sont toujours absents, cela n'augurera rien de bon.
Ce serait le bouquet si le représentant d'une « gazomonarchie » dont la religion d'État est l'islam d'obédience wahhabite, où la charia est appliquée, où l'homosexualité est punie de mort, où les femmes sont des citoyennes de seconde zone, où n'existe aucun parti politique, en venait à diriger l'organisation internationale vouée à l'éducation, la science et la culture. J'en frémis d'avance.
Montréal (Québec)
Nos lecteurs ont la parole - Sylvio Le Blanc
Le Qatar et ses « gazodollars »
OLJ / le 02 novembre 2017 à 00h00

