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Moyen Orient et Monde - Allemagne

Protestants et catholiques célèbrent les 500 ans de la Réforme de Martin Luther

La statue du moine et théologien allemand Martin Luther (à gauche) trône sur la place principale de Wittenberg. Hier, catholiques et protestants du monde entier ont célébré le 500e anniversaire de sa Réforme, qui avait provoqué l’un des plus grands séismes théologiques du christianisme. Le nom du clerc s’est également retrouvé associé à l’une des pages les plus sombres de l’histoire allemande : parce qu’il s’en prenait au judaïsme dans ses écrits, il a été une référence de l’idéologie nazie. John MacDougall/AFP

L'Allemagne a célébré, hier, dans la ville de Martin Luther le 500e anniversaire de la Réforme, marqué par un appel commun au pardon et à l'unité des protestants et des catholiques après des siècles de rivalité souvent violente.
Au cours de l'année qui s'achève du jubilé de la Réforme, « nous avons demandé pardon pour nos échecs et pour la manière dont les chrétiens ont blessé le Corps du Seigneur et se sont offensés mutuellement », ont annoncé le Vatican et la Fédération luthérienne mondiale dans un rare communiqué conjoint. Parallèlement, « nous nous engageons à continuer à cheminer ensemble (...) en quête d'un consensus substantiel pour aplanir les différences qui subsistent entre nous », ajoute le texte. En réponse, le chef de l'Église protestante d'Allemagne, le pasteur Heinrich Bedford-Strohm, a remercié le pape pour ce geste, lors d'une cérémonie organisée dans la cité allemande de Saxe-Anhalt où eut lieu la révolution luthérienne il y a un demi-millénaire : Wittenberg.
Selon la tradition, c'est de la porte d'une église gothique de cette ville de l'est de l'Allemagne qu'est parti l'un des plus grands séismes théologiques du christianisme, la remise en cause de l'Église catholique par une critique des abus de l'institution papale et du culte des saints. Le 31 octobre 1517, le clerc et théologien Martin Luther y aurait placardé sa Dispute, plus connue sous le nom de 95 thèses, le texte fondateur de la réforme protestante qui marque sa rupture avec le catholicisme.
La chancelière Angela Merkel, le président Frank-Walter Steinmeier et plusieurs responsables politiques et religieux s'y sont réunis hier pour un office religieux. « Luther a enclenché un mouvement que rien ne peut arrêter (...). Il a jeté les bases d'une nouvelle compréhension de l'homme et le développement ultérieur de la démocratie moderne », a déclaré Mme Merkel, elle-même fille de pasteur luthérien, lors d'un discours prononcé à l'hôtel de ville de Wittenberg. Appelant à un surcroît de tolérance, elle a évoqué le « rôle crucial de l'Église » pour la société.

Jour férié
Les commémorations de cet anniversaire avaient été lancées il y a un an à Lund, en Suède, où le luthéranisme fut religion d'État, en présence du pape François, un fait longtemps impensable, les relations entre catholiques et protestants ayant donc été marquées par des siècles de violences.
En Allemagne, cette « Journée de la Réforme » a revêtu un caractère particulier : le 31 octobre était déjà un jour férié dans plusieurs États régionaux, en particulier de l'Est, mais pour l'occasion toute l'Allemagne chômait hier. Ces célébrations, marquées par des cultes, des expositions et des rassemblements à travers 700 villes allemandes, ont attiré trois millions de visiteurs cette année, selon le ministère allemand de la Culture.
Hier, des milliers de personnes se sont encore massées dans les ruelles de la petite ville de Wittenberg, sous la pluie, pour assister à la retransmission de l'office religieux et apercevoir la chancelière saluer la foule depuis le célèbre porche de l'église. La ville de Luther s'était préparée depuis des mois à cette occasion : des hamburgers aux canards en plastique, en passant par les eaux-de-vie, les boutiques de souvenirs sont envahies de produits dérivés à l'effigie de Martin Luther.
Le moine allemand a en outre été l'un des premiers écrivains de langue allemande et l'auteur de la première traduction de la Bible en langue vernaculaire. Son nom s'est également retrouvé associé à l'une des pages les plus sombres de l'histoire allemande : parce qu'il s'en prenait au judaïsme dans ses écrits, il a été une référence de l'idéologie nazie qui l'utilisait comme caution religieuse.
Désormais éclatée en une myriade d'Églises, la population protestante mondiale est difficile à évaluer. Un rapport du centre de recherche indépendant américain Pew Research Center évalue à plus de 800 millions les protestants « définis au sens large » dans le monde, soit plus du tiers de l'ensemble des chrétiens, tandis que les catholiques en constituent environ la moitié, et les orthodoxes 12 %.
Source : AFP

L'Allemagne a célébré, hier, dans la ville de Martin Luther le 500e anniversaire de la Réforme, marqué par un appel commun au pardon et à l'unité des protestants et des catholiques après des siècles de rivalité souvent violente.Au cours de l'année qui s'achève du jubilé de la Réforme, « nous avons demandé pardon pour nos échecs et pour la manière dont les chrétiens ont blessé le Corps du Seigneur et se sont offensés mutuellement », ont annoncé le Vatican et la Fédération luthérienne mondiale dans un rare communiqué conjoint. Parallèlement, « nous nous engageons à continuer à cheminer ensemble (...) en quête d'un consensus substantiel pour aplanir les différences qui subsistent entre nous », ajoute le texte. En réponse, le chef de l'Église protestante d'Allemagne, le pasteur Heinrich Bedford-Strohm,...
commentaires (1)

Le mot "réforme" appliqué au protestantisme constitue un abus de langage. En effet, une "réforme" est menée de l'intérieur de l'institution. Or Luther a créé une autre Eglise, avec des dogmes et statuts très différents. La véritable réforme de l'Eglise (nécessaire, car les abus critiqués par Luther étaient bien réels), celle qui a été menée de l'intérieur, est celle qui été faite par le concile de Trente.

Yves Prevost

07 h 04, le 01 novembre 2017

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  • Le mot "réforme" appliqué au protestantisme constitue un abus de langage. En effet, une "réforme" est menée de l'intérieur de l'institution. Or Luther a créé une autre Eglise, avec des dogmes et statuts très différents. La véritable réforme de l'Eglise (nécessaire, car les abus critiqués par Luther étaient bien réels), celle qui a été menée de l'intérieur, est celle qui été faite par le concile de Trente.

    Yves Prevost

    07 h 04, le 01 novembre 2017

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