Des Forces de sécurité palestiniennes loyales au Hamas autour de la voiture du chef de la sécurité de l’organisation après l’attentat le visant hier. Mahmud Hams/AFP
Le chef des Forces de sécurité du Hamas à Gaza a été blessé hier dans un attentat à la bombe, au moment où les groupes palestiniens mènent une délicate réconciliation qui doit encore régler l'épineuse question du contrôle de la sécurité. La voiture de Tawfiq Abou Naim, réputé comme un proche de Yahya Sinouar, l'homme fort du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, a explosé alors qu'il sortait de la prière du vendredi, selon des informations fragmentaires fournies par des sources de sécurité.
« Tawfiq Abou Naim, directeur général des Forces de sécurité intérieure, a survécu à une tentative d'assassinat et à l'explosion de sa voiture dans le camp de réfugiés de Nousseirat », a indiqué Iyad el-Bozoum, un porte-parole du Hamas dans un communiqué, ajoutant que le dirigeant avait été blessé.
Le bureau du leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a publié une photo de ce dernier au chevet du blessé, un bandage sur la tête mais souriant, à l'hôpital Chifa dans la ville de Gaza. Le Hamas a érigé des check-points à travers le territoire pour capturer les auteurs de l'attentat. Devant des journalistes, M. Haniyeh a montré du doigt le grand ennemi israélien, sans spécifier ce qui lui permettait de mettre en avant une responsabilité israélienne plutôt qu'un acte entre Palestiniens ou toute autre piste. Pour lui, l'attentat vise à faire dérailler le rapprochement en cours entre les mouvements palestiniens rivaux. « Qui que soient les auteurs de ce crime, nous pensons que c'est l'occupant et ses partisans qui sont responsables », a-t-il déclaré, en référence à Israël. « Celui qui croit que cette opération criminelle peut altérer notre volonté de réaliser la réconciliation nationale palestinienne se trompe », a ajouté M. Haniyeh.
Test sérieux
L'explosion intervient en effet dans une période éminemment sensible. En vertu d'un accord conclu le 12 octobre au Caire après dix ans de divisions délétères, le Hamas, qui gouverne sans partage Gaza depuis 2007, est censé transférer d'ici au 1er décembre tous les pouvoirs à l'Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue censée préfigurer un État palestinien indépendant. Le Hamas l'avait évincée de Gaza au prix d'une quasi-guerre civile en 2007.
Le contrôle des forces de sécurité après le transfert de pouvoirs est l'une des questions les plus délicates de ce processus de réconciliation. M. Abbas insiste sur le fait que la passation des pouvoirs doit inclure la sécurité. Mais les responsables du Hamas, présentant le mouvement comme le champion de la résistance à Israël, ont répété qu'il était hors de question de rendre les armes. Un premier test sérieux est attendu d'ici à mercredi quand le Hamas est supposé transférer le contrôle des frontières à l'Autorité palestinienne.
Le bras armé du Hamas, les brigades Ezzeddine el-Qassam, ont un effectif évalué à 25 000 hommes avec plusieurs milliers de roquettes. Les Forces de sécurité que dirige Tawfiq Abou Naim sont, elles, chargées de la police intérieure du territoire et leur effectif est évalué à environ 20 000 hommes. Ce dernier est considéré comme proche de Yahya Sinouar, aujourd'hui chef du Hamas dans la bande de Gaza mais vu par beaucoup comme le véritable numéro un du mouvement, à Gaza ou en dehors. Comme Yahya Sinouar, Tawfiq Abou Naim a été libéré par Israël aux termes d'un échange en 2011 entre un millier de prisonniers palestiniens et le soldat franco-israélien Gilad Shalit.
Source : AFP

