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La Dernière

Netflix m’a tué(e)

Un peu plus
28/10/2017

Depuis qu'il est entré dans ma vie, cette dernière a été un peu chamboulée. Voire beaucoup. Au début, je n'y croyais pas trop. Les séries, ce n'était pas mon truc. Cette espèce d'engouement autour de House of Cards, Mad Men, Game of Thrones, Scandal et autres histoires en dizaines d'épisodes ; pas pour moi. Trop d'aliénation. Et pourquoi passer 20 heures sur une saison au lieu de (re)voir des films. Des classiques, des oscarisés, des films d'auteur. Aller au cinéma tous les jours pendant le BIFF ou le Festival du cinéma européen. Découvrir au gré d'un zapping, une émission sur Michel Bergé, la malbouffe ou le commerce équitable. Pourquoi donc irai-je perdre mon temps avec les 5 DVD de Blacklist loués chez Nabil Net où parfois aucun sous-titre n'est disponible ? Pourquoi donc ?

Il y a longtemps, j'avais regardé Brothers and Sisters, Gossip Girl, Desperate Housewives, Seindfeld, Nip/Tuk, Sex and the City et l'addictif 24. Mais ça c'était avant, et il n'y avait qu'elles comme séries. Elles se battaient en duel, pas en meute. Il y a très longtemps, très très longtemps, c'était (dans le désordre) Twin Peaks, Beverly Hills 90210, Friends, Dynastie, Who's the Boss ? Mais c'était une fois par semaine. Juste une fois. On en parlait tous ensemble dans la cour de récré ou en sirotant un Cosmopolitan (référence Carry Bradshaw oblige). Puis la vague des séries a déferlé. De qui on parle? T'as pas vu Orange is the New Black? Ni Six Feet Under ? Lost? Non plus ? Ni Dexter, The Good Wife, True Blood, Entourage ? Non, non et non. Trop de séries tuent les séries et même si j'étais larguée dans la cantine du bureau, coincée entre les millenials de l'équipe, je ne démordais pas de mon statement : je préfère voir des longs-métrages avec l'argument choc du 120 minutes, point barre.

Et puis Netflix est arrivé et bien avant qu'il ne débarque au Liban, je savais ce que c'était. Il suffit d'avoir de la famille ou des potes à l'étranger pour avoir entendu parler de cette plate-forme de séries, de films, de docus en flux continu et à la demande. Suffisait également de lire la presse pour avoir compris que Netflix était devenu un concept à lui seul, engendrant de nouvelles terminologies et expressions comme biinger ou Netflix and chill.

Je me suis inscrite, j'ai payé l'abonnement. J'étais donc liée dorénavant à ce vidéoclub online à travers ma MasterCard, qui me rappelait une fois par mois que j'étais prélevée de 12 dollars. Mais je ne m'étais toujours pas décidée à brancher ma Apple TV, ni à cliquer sur mon onglet Netflix. Quelques mois ont passé, sans curiosité aucune de ma part, moi, qui préférais jouer au Tarnib sur mon téléphone et faire des puzzles pour pouvoir m'endormir. Les grands classiques et autres oscarisés étant inscrits aux abonnés absents eux aussi.

Puis il y a eu The Crown. Un buzz incroyable autour de la série la plus chère de tous les temps (100 millions de livres sterling) sur la vie de la reine Elizabeth. Dix épisodes d'une heure chacun... Et moi, fourrée dans mon lit, au terme d'un week-end pluvieux derrière la fenêtre, je savais tout des 10 premières années du règne de la Queen. Pourtant, je n'étais pas forcément branchée royauté britannique. Mais allez savoir ce qui m'a poussée à céder au chant des sirènes. Et puis, tout s'est enchaîné sans que j'eusse le temps de cligner des yeux. Black Mirror, Lovesick, Master of None, You me Her, Glow, How to Get Away With Murder, One Day at a Time, Love, Unbreakable Kimmy Schmidt, Designater Survivor, Easy, Marseille... Jane the Virgin et Narcos qui m'ont définitivement fait passer du côté obscur de la force. « Calibri », disais-je en regardant l'heure sur mon iPhone où j'avais downloadé quelques épisodes à mater offline dans l'avion, la salle d'attente du dentiste ou en cas de coupure de courant, aidée par ma powerbank. J'avais hâte de retrouver Jane, Rafael, Petra, Pablo, Pacho et surtout l'agent Javier Peña. J'avais hâte de cliquer sur Skip the Intro et Next Episode, une demi-douzaine de fois à la suite.
Je sais, je suis foutue. Je suis devenue asociale sauf quand je partage mes émotions avec les autres toxicos comme moi qui savent qu'en rentrant d'une soirée à 2 heures du matin, le rituel sera maintenu. J'ai pris du poids à cause des paquets de chips et de Petits Écoliers qui traînent sur ma table de nuit... Mais je me sens tellement bien. Tellement, que je prie qu'on aie enfin Amazon et Hulu au Liban. Il serait quand même temps que je m'inscrive aux Netflix Anonymes.

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