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Jihadistes: le CICR accuse certains pays d'avoir un discours "déshumanisé"

AFP
26/10/2017

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a reproché jeudi à certains Etats de tenir un discours "déshumanisé" à l'égard des jihadistes étrangers de Syrie et d'Irak, en souhaitant leur "anéantissement ou leur extermination".

Quelques jours après les déclarations de la ministre française des Armées, Florence Parly, appelant à "neutraliser un maximum de jihadistes", le Directeur régional adjoint pour le Proche et le Moyen Orient du CICR, Patrick Hamilton, a déploré devant des journalistes "un discours public, y compris de la part d'Etats, sur la nécessité, ou au moins le désir, d'anéantir ces ennemis qui sont encore debout".

"Nous appelons ces différents acteurs à procéder à une désescalade de leur langage et à commencer plutôt à tenir un discours plus respectueux de l'humanité que nous tous partageons", a-t-il ajouté.
Pressé de questions, M. Hamilton s'est toutefois refusé à nommer un responsable ou un gouvernement qui aurait, selon lui, tenu de tels propos.
Mais l'allusion à la France notamment semble claire.

Le 15 octobre, interrogée sur une radio française à propos du sort des jihadistes étrangers, Mme Parly avait clairement déclaré qu'il fallait "neutraliser un maximum de jihadistes" à Raqqa, bastion syrien du groupe Etat islamique (EI) tombé fin octobre aux mains de la coalition dirigée par les Etats-Unis.
"Si des jihadistes périssent dans ces combats, je dirais que c'est tant mieux", avait-elle ajouté.

La France, qui compte des centaines de ressortissants dans les rangs du groupe Etat islamique (EI), souhaite empêcher leur retour du théâtre irako-syrien.

Selon l'hebdomadaire français Paris Match et le quotidien américain Wall Street Journal, des membres des forces spéciales françaises ont longuement traqué les jihadistes français à Mossoul (prise à l'EI en juillet par les forces irakiennes) à l'aide de drones et d'écoutes et ont même remis aux Irakiens une liste de cibles à éliminer.
"L'inquiétude des populations et le besoin des Etats d'assurer leur sécurité sont compréhensibles. Mais la loi doit être respectée", a martelé M. Hamilton.
"L'argument selon lequel les crimes commis sont d'une nature sans précédent et donc justifient une exception à la loi ne résiste pas à un examen historique", a-t-il poursuivi. "Parler d'anéantissement ou d'extermination contribue à perpétuer le problème plutôt qu'à le résoudre."
Le CICR demande que tous les détenus, y compris les jihadistes étrangers et leurs familles, "soient traités humainement et conformément à la loi".
"La déshumanisation de tous côtés doit cesser. Tout le monde (...) a besoin de trouver le moyen de revenir à plus de respect pour l'autre", a-t-il conclu.

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