Des hommes portent le cercueil d'un membre du mouvement Amal tué dans le sud du Liban, lors de ses funérailles dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 avril 2026. Photo Ibrahim Amro/AFP
Le chef du Conseil exécutif du mouvement chiite Amal, Moustapha Fouani, a déclaré samedi que son parti n’envisageait pas de se retirer du gouvernement, malgré son opposition aux négociations directes entre le Liban et Israël.
Dans un communiqué publié par le service médiatique de sa formation, M. Fouani a invoqué la « responsabilité nationale du mouvement Amal ainsi que son souci de préserver les institutions de l’État et d’empêcher tout vide politique ou instabilité durant cette période sensible que traversent le Liban et la région ». Il a souligné la « nécessité d'avoir une position libanaise unifiée face aux pressions et aux dossiers en suspens, en particulier ceux liés aux négociations actuelles », réitérant le « rejet ferme par le mouvement de toute forme de négociations directes avec l’ennemi israélien ».
Dans le contexte du conflit entre le Hezbollah et Israël, l'État hébreu et le Liban mènent des négociations directes à Washington, suscitant de vives critiques du Hezbollah et de son allié chiite Amal. Le chef de ce mouvement et président du Parlement, Nabih Berry, a exprimé son opposition à ces négociations à plusieurs reprises
Moustapha Fouani a également rejeté les « zones pilotes » mentionnées dans le dernier « cessez-le-feu » libano-israélien, conclu le 3 juin et jamais mis en œuvre, notamment dans le sud du Liban. Selon cette proposition, l’armée israélienne et le Hezbollah devraient se retirer simultanément de ces zones parallèlement au déploiement de l’armée libanaise.
Le responsable chiite a encore estimé que ces zones « pourraient porter atteinte à la souveraineté libanaise ou instaurer de nouvelles réalités servant les intérêts israéliens au détriment des droits nationaux du Liban ». Il a ajouté que le mouvement Amal considère la « résistance comme faisant partie du système de force du Liban, qui ne peut être abandonné tant que des parties du territoire libanais restent occupées et que les violations et attaques israéliennes se poursuivent ». Il a conclu en soulignant que la « véritable voie vers une stabilité durable commence par un cessez-le-feu complet, ainsi que par le respect par Israël de ses obligations internationales et son retrait des territoires libanais occupés ».
Malgré plusieurs trêves conclues depuis la reprise de la guerre le 2 mars dernier, l’armée israélienne continue de mener des attaques, notamment dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah poursuit des opérations, visant principalement les forces israéliennes occupant et avançant dans le Sud.


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