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Purges en Turquie: liberté conditionnelle pour un enseignant gréviste de la faim

AFP
20/10/2017

Un tribunal turc a ordonné vendredi la remise en liberté conditionnelle d'un enseignant en grève de la faim depuis mars pour protester contre son limogeage dans le cadre des purges qui ont suivi le putsch manqué de 2016, ont annoncé deux de ses avocats à l'AFP.

Le tribunal a ordonné la remise en liberté de Semih Ozakça, une mesure assortie d'une assignation à résidence avec port d'un bracelet électronique, a indiqué l'un des avocats, Me Omer Faruk Eminagaoglu. Il pourra quitter son domicile pour aller au tribunal ou recevoir des soins, selon l'avocat.

En revanche, le tribunal a tranché en faveur du maintien en détention d'une universitaire, Nuriye Gülmen, elle aussi en grève de la faim depuis le mois de mars, selon les deux avocats.
Le tribunal a renvoyé le procès au 17 novembre.

Les deux éducateurs ont été arrêtés fin mai, accusés d'appartenance à un groupuscule d'extrême gauche, le DHKP-C, classé "terroriste" en Turquie ainsi que par l'Union européenne et les Etats-Unis. Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison.

M. Ozakça et Mme Gülmen sont devenus l'un des symboles des quelque 140.000 personnes, dont des enseignants, des magistrats et des militaires, limogées dans le cadre des purges lancées après le putsch avorté du 15 juillet 2016.

Après avoir appris leur limogeage par décret-loi, ils avaient tous deux entamé en mars une grève de la faim, refusant toute alimentation en dehors d'eau sucrée et salée, de tisanes et de vitamine B1.
Leur procès s'est ouvert en septembre à Ankara, mais aucun des deux accusés n'avait été autorisé à se présenter, les autorités invoquant des considérations liées à leur état de santé et à la sécurité.

Lors d'une autre audience, fin septembre, M. Ozakça avait pour la première fois pu s'exprimer, demandant à retrouver son travail. Il était apparu avec une longue barbe, amaigri et le souffle court.
Les proches de Mme Gülmen ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur son état de santé. L'universitaire a été récemment transférée à l'unité de soins intensifs de la prison où elle est détenue.

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