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Moyen Orient et Monde - Catalogne

Madrid et Barcelone se dirigent vers le choc frontal

La suspension de l'autonomie de la région sera définie demain, lors d'un Conseil des ministres extraordinaire.

Le 31 juillet dernier, des parlementaires catalans, dont Anna Gabriel, présidente de la formation CUP (tenant un coin de banderole), manifestant pour l’indépendance de leur région. La CUP, petit parti d’extrême gauche allié-clé de Carles Puigdemont, souhaite la naissance immédiate d’une république catalane indépendante. Josep Lago/AFP

Le gouvernement espagnol a fait, hier, un pas de plus vers une suspension de l'autonomie de la Catalogne, accusant le président séparatiste catalan Carles Puigdemont de chercher « l'affrontement systématique » dans une crise qui menace la stabilité de l'Espagne et inquiète l'Europe.
M. Puigdemont devait dire clairement, hier matin, s'il renonçait à déclarer l'indépendance de sa région, où vivent 16 % des Espagnols, en proie à un conflit sans précédent avec le gouvernement central. Mais il n'a pas répondu exactement à la question posée par le gouvernement, qui lui demandait s'il avait, oui ou non, déclaré l'indépendance de la région. Il n'a pas non plus accepté de « rétablir l'ordre constitutionnel », comme Madrid l'exigeait. « Si le gouvernement persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder (...) au vote d'une déclaration formelle d'indépendance », a écrit hier M. Puigdemont, dans une lettre adressée au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. La précision sur l'absence de déclaration d'indépendance aurait pu ouvrir la voie à l'apaisement. Mais le gouvernement espagnol y a vu une menace et promis de « prendre toutes les mesures (...) pour restaurer au plus vite la légalité et l'ordre constitutionnel » en Catalogne.
Les mesures de suspension de l'autonomie seront définies demain lors d'un Conseil des ministres extraordinaire, qui devra les transmettre au Sénat en vue de leur validation fin octobre. M. Rajoy devait en effet se rendre hier après-midi à Bruxelles, pour un Conseil européen, alors que le sujet inquiète aussi l'Europe. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le chef de l'opposition espagnole, le socialiste Pedro Sanchez, l'ont d'ailleurs abordé alors même que le gouvernement annonçait la très probable application de l'article 155 de la Constitution qui lui permet de suspendre tout ou partie de l'autonomie d'une région, si celle-ci viole ses obligations légales. « Le soutien des institutions européennes est plus fort que jamais », a assuré M. Sanchez, qui fait front commun avec M. Rajoy sur le sujet. Le président français Emmanuel Macron a d'ailleurs affirmé que l'UE enverrait un « message d'unité » autour de l'Espagne dans la crise catalane, et la chancelière allemande Angela Merkel a dit espérer que des solutions puissent être trouvées « sur la base de la Constitution ».

Poutine condamne
Renouer le dialogue entre Barcelone et Madrid semblait donc difficile hier.Dans sa lettre, M. Puigdemont regrette que Madrid ne prenne pas « la mesure du problème » et « refuse de parler », un sentiment que beaucoup de Catalans partagent. Mais le gouvernement espagnol, accusé d'être trop clément par l'aile dure des conservateurs, l'accuse de « chercher, délibérément et systématiquement, l'affrontement institutionnel ». « Avec une menace d'indépendance sur la table, le dialogue est très difficile, pour ne pas dire impossible », a estimé le chef des socialistes catalans, Miquel Iceta. M. Puigdemont est tiraillé. La CUP, petit parti d'extrême gauche allié-clé de M. Puigdemont, qui souhaite la naissance immédiate d'une république catalane indépendante, a ainsi appelé à de nouvelles manifestations, dès hier soir.
Une solution pour sortir par le haut de ce blocage, évoquée mercredi par des sources gouvernementales à Madrid, aurait été la convocation d'élections régionales anticipées. Mais Joan Tarda, porte-parole de la gauche indépendantiste (ERC) au Congrès des députés de Madrid, l'a écartée hier : « Le gouvernement catalan ne convoquera pas d'élections. »
Enfin, hier aussi, le président russe Vladimir Poutine a qualifié la crise catalane « d'affaire intérieure » à l'Espagne, tout en s'en prenant à la politique de « deux poids, deux mesures » des Européens face aux velléités d'indépendance des peuples. « Il apparaît qu'aux yeux de certains de nos partenaires, il y a de "légitimes" partisans de l'indépendance et de la liberté, et il y a les "séparatistes" qui n'ont pas le droit de défendre leurs droits, même via des mécanismes démocratiques », a-t-il regretté. « Lorsque la Crimée a déclaré son indépendance, en se fondant sur un référendum sur son rattachement à la Russie, cela ne vous a pas plu pour une raison ou une autre », a déclaré M. Poutine, alors que la Russie est sous le coup de sanctions de l'UE pour avoir annexé la péninsule ukrainienne en mars 2014. Il est également revenu sur le soutien de l'UE à l'indépendance du Kosovo, que Moscou ne reconnaît pas, « pour faire plaisir à (...) Washington ».

Source : AFP

Le gouvernement espagnol a fait, hier, un pas de plus vers une suspension de l'autonomie de la Catalogne, accusant le président séparatiste catalan Carles Puigdemont de chercher « l'affrontement systématique » dans une crise qui menace la stabilité de l'Espagne et inquiète l'Europe.M. Puigdemont devait dire clairement, hier matin, s'il renonçait à déclarer l'indépendance de sa région, où vivent 16 % des Espagnols, en proie à un conflit sans précédent avec le gouvernement central. Mais il n'a pas répondu exactement à la question posée par le gouvernement, qui lui demandait s'il avait, oui ou non, déclaré l'indépendance de la région. Il n'a pas non plus accepté de « rétablir l'ordre constitutionnel », comme Madrid l'exigeait. « Si le gouvernement persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la...
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