Liban

Aoun bientôt au Koweït et en Irak, mais pas en Iran pour l’instant

Décryptage
14/10/2017

Un 13 octobre chasse l'autre, sans effacer les souvenirs. L'an dernier, la commémoration de cette journée particulière – laquelle, en 1990, avait vu pour la première fois dans l'histoire du Liban des avions syriens bombarder le palais présidentiel de Baabda pour en chasser le locataire, le général Michel Aoun – avait été chargée d'espoir et en même temps d'une certaine impatience par les partisans du « général » qui attendaient son retour au palais. Cette année, Michel Aoun est président, mais le combat se poursuit.
En effet, à aucun moment depuis son élection à la présidence de la République, le 31 octobre 2016, Michel Aoun n'a donné le sentiment à ses visiteurs et ses partisans qu'il était temps pour lui de se reposer, après avoir atteint son objectif. Au contraire, devant ses visiteurs, il insiste à rappeler que la présidence est une étape dans la lutte pour l'édification de l'État et pour la concrétisation des slogans de liberté, d'indépendance et de souveraineté. Mais elle n'est pas et n'a jamais été un objectif en soi. De même, devenu président, Michel Aoun insiste pour continuer à recevoir les proches, les amis et les anciens visiteurs de Rabieh, dans des mesures protocolaires allégées, pour bien leur montrer qu'il reste le même, un battant qui croit dans sa vision et qui lutte pour la réaliser.

En ce 13 octobre 2017, il a donc tenu à recevoir une délégation de l'Université antonine pour s'adresser, à travers elle, aux jeunes et leur rappeler l'objectif ultime, qui reste l'édification de l'État. Mais, pour lui, l'heure du bilan de sa première année de mandat n'a pas encore sonné. Il préfère en effet laisser ce moment pour le 31 octobre et il prépare déjà le discours qu'il prononcera ce jour-là.

En attendant, il a plusieurs dossiers en cours, dont celui d'une tournée arabe qui devrait le mener au Koweït et en Irak. Pour le président, la priorité est en effet au monde arabe, auquel le Liban appartient. C'est ainsi sciemment qu'il avait choisi d'entamer les premières visites à l'étranger de son mandat par l'Arabie saoudite, suivie de la Jordanie, de l'Égypte et du Qatar.

Il voulait ainsi conforter l'ancrage arabe du Liban et commencer par Riyad en raison de son rôle et de son poids dans la région et au Liban. Après une participation au sommet arabe de Amman et une autre à la session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi qu'une visite en France, il se rendra donc au Koweït et en Irak pour renforcer leurs liens avec le Liban et pour évoquer la situation du monde arabe, face à la tourmente régionale. Ce sont donc les deux visites prévues pour le président dans le proche avenir, le Koweït qui s'est toujours tenu aux côtés du Liban, et l'Irak qui est en train de remporter une victoire contre le terrorisme de Daech.

Contrairement à ce qui avait été rapporté dans les médias, l'Iran n'est pas pour l'instant sur l'agenda présidentiel. Chaque visite viendra en son temps et il n'est pas nécessaire de brûler les étapes, estiment les proches du président, qui précisent que la situation régionale et internationale est actuellement beaucoup trop complexe et exige donc une grande prudence, surtout au Liban, qui reste dans le collimateur des Israéliens, tout en subissant d'importantes pressions régionales et internationales.

En dépit de ce contexte mouvant et complexe, les proches de Baabda ne montrent pas une grande inquiétude quant à la possibilité d'une guerre contre le Liban. Selon eux, le Liban a surmonté l'étape des affrontements internes, et, face à un front interne relativement uni, Israël ne se risquerait pas à lancer une nouvelle offensive. Mais cela ne signifie pas pour autant que les tensions régionales n'ont pas d'impact sur la scène libanaise. C'est pourquoi la prudence reste de mise et il est préférable d'éviter d'ouvrir de nouvelles polémiques. Selon les proches de Baabda, le Liban doit rester un modèle particulier dans la région, car c'est à travers ce modèle que peut renaître l'espoir d'un monde arabe apaisé dans sa diversité. Le Premier ministre au Vatican, c'est aussi un message d'ouverture et d'attachement au dialogue que le Liban pratique d'ailleurs au quotidien.

Dans l'optique présidentielle, le Liban doit éviter de s'aligner dans une politique d'axes régionaux et internationaux, laissant les grands pays se livrer à leur bras de fer, en essayant de se protéger au maximum. Dans ce cadre, il est important de noter qu'en dépit du climat général de plus en plus hostile au Hezbollah, les États-Unis continuent de donner des signes de leur attachement à la stabilité libanaise.

Le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a été ainsi invité à Washington pour une série de rencontres avec les responsables sécuritaires et politiques, sachant que, de par ses fonctions, il a des relations avec toutes les composantes libanaises et avec de nombreuses parties régionales, étant même le contact officiel libanais avec le régime syrien. Ibrahim a même été invité à donner des conférences dans des instituts d'études et de recherche américains, dans une reconnaissance évidente de son rôle-clé au Liban, notamment à la suite des négociations délicates qu'il a menées dans plus d'un dossier. De même, le commandant en chef de l'armée doit se rendre à son tour aux États-Unis pour participer à la réunion des chefs d'état-major des armées participant à la lutte contre le terrorisme. Il sera suivi par le directeur général des FSI, le général Imad Osman, et leurs entretiens avec leurs interlocuteurs américains devraient porter sur la coopération militaire et sécuritaire contre les terroristes.

 

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Aoun Imad

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Imad Aoun

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