Le Franco-Libanais Carlos Ghosn, président-directeur général de l’alliance Renault-Nissan, a présenté hier le nouveau plan stratégique baptisé « Drive the future ». Éric Piermont/AFP
Renault souhaite doubler ses ventes hors Europe à l'horizon 2022 pour atteindre 5 millions de véhicules au total, a indiqué hier le Franco-Libanais Carlos Ghosn, président-directeur général de l'alliance Renault-Nissan en présentant le nouveau plan stratégique baptisé « Drive the future ». Le groupe ambitionne d'atteindre un chiffre d'affaires de plus de 70 milliards d'euros (soit 82 milliards de dollars), ainsi qu'une marge opérationnelle de 7 % et un flux de trésorerie positif chaque année avec une réduction des coûts d'approvisionnement et de fabrication de l'ordre de 4,2 milliards d'euros (près de 5 milliards de dollars), soit 40 % des économies d'échelle escomptées sur la période par l'alliance que Renault forme avec Nissan et Mitsubishi.
Plutôt qu'une progression en Europe, qui a absorbé l'année dernière 56,7 % des ventes de son groupe, M. Ghosn mise sur une expansion dans les pays où se développent des classes moyennes avides de mobilité individuelle. Renault ambitionne ainsi une « accélération des activités en Chine », le plus gros marché automobile mondial, où il veut écouler 550 000 unités en 2022 contre 35 000 en 2016.
En Russie, le groupe vise plus de 1,1 million de Renault et Lada vendues en rythme annuel (649 000 en 2016), ce qui ferait du pays son plus gros marché mondial en 2022. Il veut aussi vendre plus de 250 000 unités par an en Inde et en Iran à la fin du plan, contre respectivement 132 000 et 109 000 véhicules livrés l'année dernière.
« Low cost » et « électrifiées »
Renault a dit prévoir 8 véhicules 100 % électriques dans sa gamme en 2022, contre 3 actuellement, ce qui représentera 20 % de la gamme. Le groupe promet une autonomie réelle qui pourra atteindre jusqu'à 450 kilomètres entre deux recharges à cet horizon, contre 300 kilomètres pour la Zoé actuelle. Quelque 30 % de l'offre sera en outre « électrifiée », soit des hybrides carburant-électricité. Parmi les modèles électriques prévus figure une version électrique de l'auto « ultra low cost » Kwid, destinée à la Chine, plus grand marché mondial.
L'entreprise veut investir 18 milliards d'euros (soit près de 21 milliards de dollars) en recherche et développement d'ici à 2022, et même se lancer dans la mobilité partagée par « robot-taxi ». Le groupe, qui fêtera l'année prochaine ses 120 ans et compte désormais cinq marques (Renault, Dacia, Samsung Motors, Alpine et Lada), ne s'est jamais aussi bien porté, ayant dégagé en 2016 un bénéfice net « record » de 3,54 milliards d'euros (soit 4,15 milliards de dollars), malgré un titre sous pression en Bourse.
En effet, Carlos Ghosn a estimé hier que la valeur du titre de son entreprise en Bourse ne reflétait pas son « cœur de métier » et était sous pression en raison notamment du « dieselgate » et d'annonces de l'État actionnaire. Actuellement, l'action tourne autour de 86 euros. Pour M. Ghosn, une autre des raisons pour lesquelles le titre ne séduit pas autant qu'il le pourrait, alors que Renault enchaîne les résultats financiers « record » depuis deux ans, est le fait que l'État français veuille vendre ses actions Renault, acquises en 2015.
Côté emploi, M. Ghosn a indiqué que son groupe prévoyait « 35 000 embauches à l'échelle mondiale » pendant la durée du plan, même si « une très grande partie de ces recrutements seront des remplacements ». Le groupe Renault comptait fin 2016 quelque 124 000 employés dans le monde. En France, des syndicats ont estimé que le plan manquait de précision sur le volet social.
Les objectifs sont « équilibrés » entre Renault, Nissan et Mitsubishi, a jugé Bruno Azière de la CFE-CGC, premier syndicat. Mais il a regretté un « manque d'ambition en Europe ». Quant à l'objectif de marge à 7 %, le délégué central CGT Fabien Gâche a dit redouter que cela se traduise par des « synergies » synonymes de « suppressions d'emplois » et s'est dit particulièrement « inquiet » pour l'ingénierie.
Source : AFP


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