Nos Lecteurs ont la Parole

Il est où le bonheur, il est où ?

Adib Y. TOHMÉ
OLJ
05/10/2017

Comment j'ai échoué au bord du Nyham à Copenhague, la capitale du Danemark, c'est toute une histoire. Mais je vais faire simple. J'étais à Berlin dans une soirée bien arrosée avec des amis en train de discuter de tout et de rien. Une juriste romancière parlait d'un roman sur un projet de construction d'un parc éolien qui vient de perturber la vie d'une petite commune située à une heure de route de Berlin. C'est un chef-d'œuvre en Allemagne, paraît-il. J'ai pris la parole et j'ai raconté l'histoire vraie de l'installation d'un réseau électromagnétique de haute tension entre les habitations d'une bourgade située à 10 minutes de Beyrouth. Ce n'est pas de la fiction, c'est la vraie vie avec tous les ingrédients pour décrire la violence de notre civilisation où l'indifférence et l'hypocrisie des gens d'en haut sont confrontées à l'isolement et à la résistance résignée des « petites gens ». Le lendemain matin, je range ma valise et je me prépare pour me diriger vers l'aéroport Tegel à destination de Paris quand le téléphone sonne.
À l'autre bout du fil, une voix m'annonce qu'elle était avec moi à la soirée d'hier et qu'elle aimerait bien m'inviter à participer à une conférence à l'université de Copenhague sur le thème, si j'ai bien compris, du « passage de l'égosystème à l'écosystème ». J'ai tout de suite accepté, puis j'ai demandé ça sera pour quand.
La voix à l'autre bout du fil, en s'excusant pour le préavis très court, m'a dit que la conférence est le lendemain matin, à 10h30, en précisant que j'ai été choisi pour remplacer un intervenant qui s'est rétracté à la dernière minute.
J'ai laissé tomber le vol pour Paris et j'ai pris le vol Air Berlin de 21h25 à destination de Copenhague. J'avais beaucoup lu sur le système danois et sur l'économie du bien-être et je rêvais de visiter le pays pour confronter ce que j'avais lu à la réalité. L'homme attire souvent ce qu'il désire dans son inconscient, pensais-je. La première journée a été riche en enseignements. Mon intervention s'est très bien passée. Pendant près de trente minutes (et sans aucune note), j'ai parlé devant un auditoire de 300 personnes de « l'art de se taire quand on a la liberté de s'exprimer » (et surtout de son corollaire, l'art de s'exprimer quand on a seulement le droit de se taire). Mais inutile de vous ennuyer avec ces sujets philosophiques, l'important est que je me retrouve ici, à Nyham, en fin d'après-midi, sur la terrasse d'un café. Le soleil se couche après une journée idyllique au bord du canal, en face de vieux bateaux et des maisons colorées de l'autre rive, loin de mon monde. L'endroit est magique. Les gens sont dehors pour profiter du beau temps et de la chaleur. C'est ici que j'ai trouvé l'inspiration pour partager avec vous ces quelques lignes sur ce qui constitue le bonheur danois. Je marque un temps d'arrêt pour méditer ma journée, mes échanges et mes impressions. Il s'agit en fait de m'interroger sur ce qui a foiré dans mon pays pour s'être tellement éloigné du bonheur. Je ne vais pas parler des vices des fondamentaux qui font que notre système démocratique dysfonctionne, que notre prospérité soit cannibalisée, que notre justice soit bancale, et toutes les justifications sur le maintien des armes qui dénaturent le sens de la paix. En m'inspirant de ce que j'ai rencontré, vu ou ressenti, je vais parler d'autres éléments subjectifs qui affectent le niveau de bonheur d'un peuple.

 

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